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Allerseelen /Toussaint

Die Männlein, Weiblein, traurige Gesellen,
Sie streuen heute Blumen blau und rot
Auf ihre Grüfte, die sich zag erhellen.
Sie tun wie arme Puppen vor dem Tod.

Petites vieilles, petits vieux, de tristes gens,
Répandent aujourd'hui des fleurs rouges et bleues
Sur leurs caveaux, timidement illuminés.
Devant la mort ils sont de pauvres marionnettes.

O ! wie sie hier voll Angst und Demut scheinen,
Wie Schatten hinter schwarzen Büschen stehn.
Im Herbstwind klagt der Ungebornen Weinen,
Auch sieht man Lichter in die Irre gehn.

Ô  ! Qu’ils semblent pleins d’angoisse et d’humilité,
Et des ombres figées derrière les noirs buissons.
Dans le vent d’automne la plainte des morts-nés,
Et l’on voit des lumières qui vont s’égarant.

Das Seufzen Liebender haucht in Gezweigen
Und dort verwest die Mutter mit dem Kind.
Unwirklich scheinet der Lebendigen Reigen
Und wunderlich zerstreut im Abendwind.

Les soupirs des amants à travers les branchages
La mère pourrissant auprès de son enfant.
La ronde des vivants, elle, semble irréelle
Au vent du soir éparpillée étrangement .

Ihr Leben ist so wirr, voll trüber Plagen.
Erbarm' dich Gott der Frauen Höll' und Qual,
Und dieser hoffnungslosen Todesklagen.
Einsame wandeln still im Sternensaal.

Leur vie est si confuse, et de plaies si couvertes.
Dieu ! pitié du martyr et de l’enfer des femmes,
Et de ces cris de mort proférés sans espoir.
Dans la salle étoilée ces passants solitaires.