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13 : Ausone

S’il est doté d’un nom qui sonne bien  : Ausone,
Il est bien difficile d’en trouver mention
Dans une ville qui doit sa réputation
Au vin dont raffolait, pourtant, cet autochtone.

Mais il est vrai aussi qu’à Bazas on prétend
Que c’est dans ces murs-là qu’on a vu sa naissance,
D’un collège le nom lui fait donc allégeance,
Quand à Saint-Émilion c’est ce nom que l’on vend !

Mais lisons ses poèmes — le doute ne tient pas :
« Burdigala est natale solum :  »
Le lieu où je suis né, c’est bien Burdigala ;
« clementis coeli / Mitis ubi »
Là où l’on voit le ciel si clément et si doux
« et riguae larga indulgentia terrae... »
Là où le sol fécond est prodigue envers nous...

Et Mollat tout de même, à Bordeaux, a voulu
Marquer le souvenir d’un lettré en nommant
Ainsi une partie de sa librairie, quand
Du tram’ une station de lui s’est prévalue.

Le promeneur curieux pourtant peut s’arrêter
Un instant devant lui, au moins en effigie :
Une façon de buste à la romaine, ici
Rappelle noblement la vie de ce lettré...

Ausone n’est ni Pline ni Lucrèce, ni
César ou Cicéron, mais pourtant ses écrits
Ont plus que les rhéteurs de son temps, rabougris ;
Il y met, dit Jullian, « quelque chose de lui. »