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3 : Les Quais

Et ma ville a perdu ses navires — le fleuve
Ne charrie plus que troncs, branchages et roseaux ;
Le mascaret parfois remonte loin ses eaux
De l’océan lointain courant porter la preuve.

Des mille et un métiers s’agitant sur la rive
Il ne reste de trace — et partout le béton
De livides immeubles, faces maladives,
Contemplent méprisants ce qui reste des ponts.

On a pourtant dressé des colonnes tendant
Au ciel leurs doigts d’acier soutenant les amarres
Des chaussées que pourraient emprunter des géants
Mais sous leurs enjambées ne passent que gabarres.

Promenade déserte aux chiens errants livrée,
Les amants n’y sont plus même le soir venant,
Les bancs ont oublié les marcheurs essoufflés
Les parents ne vont plus y perdre leur enfants !

Avril 2020