prev

SOMMAIRE

prev

CHANT 17

Dans mon école de Saint-Brice, à mon pupitre,
Je pouvais à loisir admirer sur le mur
Au-dessus du tableau à la belle écriture
Des cartes en couleur, dont je lisais les titres

Avec étonnement, et comme gourmandise :
“AOF”, “AEF”, le vert de leurs forêts
Le jaune de leur sable, avec pour friandise,
Tout à côté l’image d’un oued bien frais...

Mon tout premier roman, et le seul que jamais
J’eusse tenté d’écrire avait lieu en Afrique
Au milieu de troupeaux d’éléphants pacifiques
J’y cherchais un trésor caché dans la forêt.

Mais une fois trouvée la cassette secrète
Contenant un message fort cabalistique
Je m’étais engagé par malchance tragique
Sur un mauvais chemin - et sur ces entrefaites

L’école étant finie et ne sachant comment
Sortir de ce roman - j’arrêtai de le faire.
Au Collège plus tard, quand je lisais “Vaillant”
Et que je me rêvais un peu en “Guy l’Éclair”,

Avec le bon copain de la table à côté,
Nous avons essayé d’écrire un feuilleton
Une histoire à fusée et de science-fiction ;
J’avais trouvé le titre, bien calligraphié :

“Aventure en mil neuf cent quatre-vingt dix-neuf”
Pour nous c’était tellement loin, cinquante années !
Nous avons détaillé le plan de la fusée,
En recopiant un peu pour en faire du neuf.

Mais pour écrire à deux, c’était plus compliqué :
J’aimais bien l’écriture, il savait dessiner
Alors on a pensé en faire un “illustré”...
Mais le nunéro UN, pour la fin de l’année,

Nous n’avons jamais pu vraiment le terminer  !