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SOMMAIRE

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CHAPITRE III L’INVASION ET LE « CASTRUM » (255—506)

SYNOPSIS :

§ l - Première invasion germanique. § II - Bordeaux se transforme en ville fortifiée.

Références bibliographiques :

Eutrope, Historia romana, IX,10. — Ausone, Ordo urbium nobilium.
Jullian, Inscriptions romaines de Bordeaux, t. ii, p. 279 et suiv. et pl. ix . — Douyn, Bordeaux vers 1450, plan et texte p. 1 et suiv., p. 45 et suiv.

§ l - Première invasion germanique.

1. Avant que l’œuvre romaine pût s’achever, elle fut brusquement arrêtée et compromise par les premières invasions des Barbares.

2. Pendant les trois siècles qui suivirent la conquête, les Germains avaient été contenus par les légions gallo—romaines qui gardaient la frontière du Rhin. Ce que les légendes des monnaies appelaient « la Paix du Peuple Romain », Pax Populi Romani, était l’expression exacte de la vérité pour la ville de Bordeaux.
Aucune précaution n’y était prise contre un ennemi extérieur : l’idée même d’un péril militaire semblait exclue de la pensée des habitants. —Mais vers le milieu du IIIe siècle, l’Empire faiblit sur tous les points : les empereurs, incapables ou négligents, abandonnèrent aux provinces le soin de leur défense ; l’indiscipline se mit dans les camps ; les Barbares furent plus entreprenants, et leur éternelle convoitise des richesses de la Gaule devint plus impérieuse.

3. La Gaule sut, pendant une vingtaine d’années, se protéger elle-même. Elle fit des empereurs de ses meilleurs légats. Le légat de l’Aquitaine, Tétricus, prit la pourpre à Bordeaux (268), qui était dès lors la métropole de la province. Ce fut le seul moment de la domination romaine où Bordeaux put, au moins pendant quelques jours, prendre l’air d’une capitale.

4. Mais ces princes n’étaient Gaulois que par leur origine : ils ne voulurent point se séparer de l'Empire, ils prirent les titres romains, ils frappèrent des monnaies au type romain, et sur la frontière rhénane ils défendirent vaillamment l'œuvre romaine.

5. Tétricus fut enlevé à la Gaule eu 275. Cette fois, les Barbares ne trouvaient plus d’empereur devant eux ; à peine s’ils rencontrèrent quelques légions. La Gaule entière fut bientôt mise au pillage.

6. Ils arrivèrent devant Bordeaux en 276 ou 277. C’est l’année la plus terrible que la Gaule romaine ait connue. Je ne sais même si la France a subi dans toute son histoire un désastre comparable. Qu’on songe à ces trois siècles de paix où le pays s’était enrichi sans relâche, à cette sécurité profonde avec laquelle il décorait ses villes et cultivait ses champs. Rien ne pouvait arrêter l’ennemi devant Bordeaux : les remparts manquaient, de même que les soldats, et jusqu’à l’habitude des armes. Jamais plus longue période de travail et de bonheur ne finit plus brusquement dans une catastrophe aussi complète. Les soixante villes de la Gaule Propre furent la proie des pillards ; Bordeaux succomba comme les autres. L’œuvre de trois siècles disparut eu quelques jours.

7. Aucun écrivain n’a décrit cette ruine. Mais la ruine elle-même existe et raconte le désastre. Des débris romains des premiers siècles, un bon nombre porte la trace de violents incendies ; les pierres ont été rongées par le feu, les fers sont tordus, les bois carbonisés. Les Piliers de Tutelle et l’Amphithéâtre furent réduits à l’état lamentable où le moyen âge les a connus. Les grands temples et les portiques furent éventrés, transformés en décombres colossaux. La ville romaine fut abîmée presque aussi sûrement que l’avait été Pompéi. Le passage de l’ennemi profana les sépultures. — Çà et là, dans nos campagnes, on trouve des trésors enfouis. Les pièces en sont presque toujours antérieures à la date de la grande invasion. Un terrassier de Preignac découvrit eu 1887 dans un vase en terre cuite, cinq cents monnaies impériales. Aucune n’est postérieure à Aurélien. Ou devine qu’elles ont été cachées à la hâte, devant l’arrivée des bandes ennemies, et que le possesseur n’a pu les reprendre.

8. Les Barbares ne songèrent pas à s’établir dans la cité. Ce fut un torrent qui passa. Les Germains venaient alors en pillards, et non en conquérants. Leur triomphe fut une calamité matérielle, dont les siècles devaient porter éternellement la conséquence : mais il u’amena aucun changement politique ni moral. Bordeaux fut détruit, mais demeura romain. En 277, Probus avait délivré la Gaule de ces pillards, dont quelques troupes régulières avaient sans peine raison.

9. Mais l’expérience de ces mauvais jours ne fut point perdue. Pour que la Paix Romaine fût rendue à la Gaule, il fallait donner au pays des gages plus réels de sécurité. Les empereurs le comprirent. Les camps et les colonies des frontières ne suffisaient pas : il était urgent de mettre les villes intérieures à l’abri d’un coup de main. L’Empire romain, meurtri, devint moins orgueilleux et plus prudent. Il fortifia toutes ses villes, Rome comme les autres.

10. Les Barbares chassés, on avait à reconstruire Bordeaux : on en fit une ville forte. Un nouveau Bordeaux s’éleva, aussi différent de l’ancienne cité que celle-ci l’avait été de la bourgade gauloise.

§ II - Bordeaux se transforme en ville fortifiée.

11. Tout d’abord la cité se resserra, se fit plus petite : la population se tassa. Pour se mieux détendre, la ville se replia sur elle-même. Elle abandonna les coteaux extrêmes du Mont-Judaïque et de Saint-Seurin, où elle ne garda que sa nécropole. L’Amphithéâtre et les Piliers de Tutelle furent abandonnés comme une ruine gigantesque. Bordeaux se retrouva presque tout entier sur les bords de la Devèse qui lui avaient donné naissance. La colline de Puy-Paulin, le plateau de Saint-André, assises primitives de la cité gauloise, devinrent la base de Bordeaux reconstruit.

12. On entoura de remparts la ville nouvelle. Ce furent peut-être les premiers que reçut Bordeaux ; ce sont, en tout cas, les premiers dont il soit resté des traces.

13. Leur emplacement se reconnaît aujourd’hui encore avec la plus grande facilité : les chemins qui bordaient les remparts sont devenus des voies publiques, des pans de murs existent dans le sous-sol des rues ou les fondements des maisons ; à l’endroit où sont les ruines, le terrain, exhaussé, forme une sorte de remblai. — A l’Ouest, le mur romain bordait la Cathédrale, et suivait la rue des remparts, qui en rappelle le souvenir. Il tournait brusquement vers l’Est, à la rue de la Vieille-Tour, et se dirigeait vers la rivière, se tenant à égale distance du cours de l’Intendance et des rues Saint-Remi et Porte-Dijeaux. La tour moderne qui fait l’angle de la rue Chaumet et de la rue Guillaume-Brochon, indique l’endroit où passait la muraille ; elle a été construite sur les fondements et suivant la forme même d’une tour du rempart romain. La muraille se continuait sur les bords de la rivière, depuis le fond de la place Gabriel jusqu’à celui de la place du Palais-de-l’0mbrière. La tour de Gassies, qui a donné son nom à une rue de ce quartier, était une tour du rempart romain. De la place du Palais à la Cathédrale, la muraille suivait les bords du Peugue, qu’elle laissait en dehors. Le cours d’Alsace-et-Lorraine en marque bien la direction. — Les remparts mesuraient 2.550 mètres de circuit, 725 de l’Est à l’Ouest, 450 du Nord au Sud.

14. Ni la disposition du fleuve ni celle des anciennes routes n’avaient déterminé la forme et réglé les contours de cette forteresse. C’était une conception toute géométrique, que l’étude du terrain n’avait que faiblement préparée. Il est probable qu'on a tenu compte des élévations de terrain pour y installer la muraille : ce n'est pas sans raison qu’elle longeait la hauteur de Puy-Paulin, et qu’elle s’arrêtait, sur le mamelon de Saint-André, aux bords du Peugue ou à la lisière des marécages. Encore n'est-il pas certain que le Peugue n’ait pas été détourné et rectifié de manière à former le fossé méridional du rempart. — L’enceinte présente, en effet, un rectangle d’une parfaite régularité, mais qui semble brutalement taillé sur le sol de Bordeaux. Une chose a préoccupé par-dessus tout les ingénieurs : orienter le rempart du levant au couchant. C’était la direction sacrée des vieilles colonies romaines, et il se peut qu’à la fin du IIIe siècle on eût encore le respect du rituel augural.

15. Du reste, en ces temps où tout déclinait, l’art militaire comme les autres, ce rempart, malgré la simplicité de ses lignes, était une protection suffisante.Il rachetait l’habileté par la puissance. Il avait 9 à 10 mètres de haut, 4 à 5 de profondeur. Presque tous les cinquante mètres, il était flanqué de tours qui s’élevaient « jusqu’aux nues », disait Ausone. Arrondies à l’extérieur, lourdes, massives, elles formaient autant de châteaux forts. Peut-être des défenses particulières étaient-elles établies aux angles, notamment au coin qui surplombait le fleuve et que l’on appellera plus tard « l’Ombrière ». Peut-être encore le puy Paulin, le point le plus élevé de la ligne, avait-il un château adossé aux murs. Une quinzaine de portes tout au plus s’ouvraient dans la forteresse : c’étaient de longs et sombres corridors, étroits et bas ; on pouvait les bloquer sans peine. Ces remparts étaient une construction rude, triste et solide.

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Vue prise en 1860 rue des Trois-Canards, aujourd’hui partie du cours d’Alsace-el-Lorraine. Dessin de M. Leo DROUYN.

16. Ils avaient été bâtis avec une certaine hâte : leur mode de construction rappelle que les ressources de l’Empire s’épuisent, en matériaux comme en savoir-faire. Les parties hautes de la muraille témoignent encore de quelque recherche ; les assises de pierres, en petit appareil, sont soigneusement disposées ; des rangées de briques les séparent pour en rompre la monotonie. Le tout était assujetti par un ciment d’une solidité à toute épreuve, qui eu formait un seul bloc. — Mais le soubassement n’avait exigé presque partout que la peine de l’élever. On l’avait posé directement, sans fondations, sur le sol ou le rocher du. côté de la rivière seulement, il reposait sur d’énormes pilotis On l’avait construit avec les ruines des édifices détruits : c’est un amoncellement chaotique de pierres énormes, de fragments de frises et de colonnes, de chapiteaux, d’autels, de tombeaux, de bas-reliefs et de statues. Tout cela est entassé pêle-mêle, tient par son seul poids ; aucun ordre ne se présente dans la disposition des matériaux, aucun ciment ne les rejoint, il est rare qu’un crampon les fixe. Les plus gros blocs servent de façade, les moindres pierres sont à l’intérieur.

17. Au fond, les Romains ont fort sagement agi en consacrant à leur défense ces débris de leur splendeur : les matériaux étaient à leur portée, les tombeaux avaient été souillés par l’ennemi. Quel meilleur usage pouvait-on en faire ? C’était encore une manière de les respecter que de bâtir avec eux la muraille de la cité, qui était pour les anciens une chose sainte entre toutes.

18. Sans y penser, les ancêtres conservaient ainsi pour leurs plus lointains descendants les témoins de leur histoire. Si nous connaissons si bien le Bordeaux des trois premiers siècles, c’est grâce à ces ruines, trouvées dans la muraille : elle a été l’arsenal unique de nos connaissances historiques, elle a fait à elle seule la richesse de notre Musée.

19. Enfin, avec cet amalgame incohérent de débris, de blocage, de briques et de ciment, les Romains ont fait une muraille compacte d’une incroyable force de résistance. Ceux qui l’ont franchie, Goths au Ve siècle, Sarrasins au VIH“, Normands au IXe, ont dû la victoire surtout à la trahison. Elle abritera Bordeaux jusqu’au XIIe siècle ; elle arrêtera maintes fois les Barbares : des trois remparts qui ont entouré notre cité, c’est celui qui a laissé de nos jours le plus de ruines, c’est le seul que l’on connaisse bien. Pour en abattre les pans restés debout, il a fallu le pic et la mine ; Au moyen âge, des familles entières s’y sont creusé des logements, comme elles auraient fait dans la roche vive. Même dans leurs derniers jours, les Romains construisaient pour l’éternité.

20. l.e rempart détermina l’étendue et la structure intérieure de la nouvelle ville. Il n’en fut pas seulement l’enveloppe, mais le générateur. Toutes les rues furent exactement disposées de manière à correspondre aux portes : droites, parallèles, se coupant à angle droit, elles formaient comme un damier dans le cadre de la forteresse. Bordeaux avait cette régularité monotone et géométrique que les arpenteurs romains donnaient aux camps et aux colonies, que les ingénieurs du XIIIe siècle donnèrent aux bastides et aux villes neuves de toute notre région. Ausone nous a fait d’ailleurs en vers fort précis la description de sa ville natale


Quadra mutrorum species, sic turrpbus altos
Ardua, ut arias entrent fastigié nubes.
Distinctas interne vias mirere, domorum
Dispositum et latas nomen servare plateas
Tum respondentes directa in compila portas ;
Per mediumque urbis fontani fluminis alveum,
Quem Pater Oceanus refluo cum impleverit aestu,
Adlabi totum spectabis classibus aequor.

21. « L’enceinte carrée de ses murs élève si haut leurs tours altières, que leurs sommets percent les nues. Au dedans, on admire le croisement des rues, l’alignement des maisons, la largeur des places fidèles à leurs noms ; puis les portes, qui répondent en droite ligne à des carrefours. Au milieu de la ville, le lit d’un fleuve né d’une fontaine : quand le père Océan le remplit de ses eaux, on voit la mer entière qui s’avance avec ses flottes ».

22. Le port intérieur de la Devèse avait été, en effet, conservé dans la nouvelle ville. Il était plus utile que jamais. C’était l’abri de la flotte, la suprême ressource du commerce et de la marine. Il communiquait avec le fleuve par un chenal qui passait sous le rempart et qu’on appelait « la porte des Bateaux », porta Navigera. Les vaisseaux entraient ou sortaient avec la marée. Devant le danger, ou fermait la porte, et Bordeaux se trouvait caché tout entier sous ses remparts, hommes et navires.

23. C’est vers l’an 300 que l’on peut placer l’achèvement de la muraille romaine de Bordeaux. Elle est sans doute l’œuvre commune des trois princes qui ont réorganisé l’occident de l’Empire eu ce temps-là, Dioclétien, Maximien et Constance Chlore. Je doute qu’elle ne fût pas entièrement terminée à l’avènement de Constantin (306).

24. Ces mêmes empereurs ont remanié la constitution politique des provinces gauloises. Ils leur ont donné un gouvernement plus en rapport avec le nouvel état de choses. La province d’Aquitaine fut morcelée : les villes de Bordeaux, Périgueux, Agen, Saintes, Poitiers, Angoulême formèrent la Seconde Aquitaine, Aquitanica Secunda ; Bordeaux en fut déclaré la métropole : elle devint la résidence du gouverneur ou « président », praeses, et de ses bureaux.

25. Les bureaux de la province d’Aquitaine comprenaient un nombreux personnel : ils avaient un chef, un sous-chef, deux comptables, un greffier, des aides, des commis à l’enregistrement : c’était une administration compliquée et régulière. L’Empire, dans les derniers temps de son existence, était devenu fort bureaucratique. Mais la chose romaine n’en souffrit pas. Tout au contraire, les bureaux servirent à maintenir dans Bordeaux la tradition impériale : quand l’Empire disparut, ils lui survécurent. Et je ne doute pas qu’ils n’aient fortement contribué à perpétuer les habitudes de l’administration romaine sous le gouvernement des rois Wisigoths.

26. Mais, à côté de l’administration civile, il y eut maintenant une administration militaire. Bordeaux et la Seconde Aquitaine furent placés sous la dépendance du duc de l’Armorique, dux tractus Armoricani, chargé de la défense de toutes les provinces maritimes, depuis la Seine jusqu’aux Pyrénées. Il y avait une garnison à Blaye pour protéger la rivière contre les pirates, qui se montraient déjà à l’embouchure des fleuves ; peut-être y en eut-il une autre à Bordeaux. Une grande partie des troupes avaient été retirées des frontières pour défendre les castrum nouvellement bâtis dans l’intérieur de la Gaule.

27. Quel contraste d’avec les siècles de « l’heureuse sécurité » ! La paix romaine peut revenir : ce ne sera jamais qu’une paix armée. Voilà Bordeaux fermé, muré, en état permanent de défense. La cité ouverte, aux contours capricieux, aux abords faciles et mouvementés, a fait place au castrum, au château fort, qui dresse au-dessus des marécages sa masse solitaire et menaçante. C’est la ville et c’est la vie du moyen âge qui ont commencé.

28. En réalité même, dans ce castrum de l’an 300, c’est le Bordeaux moderne, c’est celui de nos jours qui a pris naissance. Jusqu’au XIIe siècle, Bordeaux ne sortira point de ces étroites limites. Elles marqueront la « cité » proprement dite. Plus tard, tous les accroissements de la ville se feront par juxtaposition, comme par placage, autour du carré romain. Il a été le noyau de Bordeaux, il en est demeuré le centre.

29. Il a conservé très fidèlement l’apparence que les ingénieurs romains ont donnée au castrum. Le quartier d’entre Peugue et Intendance a l’aspect serré, sombre et régulier que devait avoir la cité romaine. Les rues ont toujours leur forme et leur direction primitive : la rue Sainte-Catherine, la rue Saint-Remi et toutes celles qu’elles coupent, sont des rues romaines. La rue Sainte—Catherine devait être, dans le castrum romain, ce qu’on appelait l’artère principale, le cardo maximus : elle mérite toujours ce nom.

30. Quelques voies pourtant, dans ce quartier, sont obliques à l’alignement romain : ce sont celles qui se dirigent des abords de la place Saint-Pierre vers la rue Sainte-Catherine. Mais elles sont de date récente ; elles ont été construites sur l’emplacement du port intérieur et elles en conservent la disposition.

31. La direction des rues romaines déterminera plus tard celle que prendront les rues des nouveaux quartiers. Le Chapeau-Rouge et l’Intendance remplaceront les fossés des vieux murs. La rue Judaïque prolongera vers l’Occident l’axe des remparts. La rue Sainte-Catherine se continuera, éternellement rectiligne, vers le Sud. Au Nord, elle s’amorcera aux allées de Tourny et à la rue Fondaudège, dernier vestige de la voie romaine qui s’en allait aboutir au rempart, devant la porte Médoc.

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C’est l’ancienne Porte-Basse, située à l’entrée de la rue qui en conserve le nom, elle a été démolie en 104. — Dessin de M. Drouyn, d’après un dessin conservé aux Archives municipales.

32. La domination romaine des trois premiers siècles avait donné à Bordeaux sa langue, son art, son gouvernement et ses mœurs; elle avait imprimé à son esprit la direction qu’il devait suivre longtemps encore. La ville romaine de l’an 300 allait guider pendant des siècles la marche de la cité.