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52 – Ma maison morte

Ma maison morte — et moi je vis
Encore et j'imagine et je voyage
Dans l'espace à défaut
Du temps qui fait défaut

Ici tout est soudain immobile figé
On dirait que les arbres ne respirent plus
Après avoir jeté comme leur dernier râle
Furieux écorchés griffés par un vent fou

Tout est vieux et usé les carreaux le pavé
Le banc est renversé et les branches tombées
L'herbe a mauvaise mine et semble maladive
Le pin penché ressemble à vieillard trop jeune

À retrouver ses pas on perd ce qu'on a fui
À s'en aller on croit revenir au pays
Pays de nulle part ville de mer en terre
Aux bateaux échoués des tonneaux éventrés

Ville qui fut n'est pas et moi exilé là ?

Pernon, dimanche 7 janvier 2018