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66 — Océan

« Je te salue, vieil océan ! »
Disait-il. Mais il avait tort :
l’âge ne vient qu’à nous, humains.
Lui n’a commencement ni fin
Pour nous — du moins!

Son mouvement est celui même
de l’univers, celui des astres,
même de ceux bien morts déja,
comme la lune, qui le berce.

Front plissé aux sourcils d’écume
caressant le vide du ciel
et les veinules de la terre,

Respirant fort comme un plongeur
les bras battants, soufflant, grondant,
et s’ébrouant — phoque mouillé.

Ligne parfaite à faire pâlir
un géomètre un Archimède
Lame aiguisée, césure abstraite

sans même un morfil, cette arête,
Au loin très loin comme immobile

Coupure nette, schize muette.

août 2019