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68 - Nautilus

Après avoir essuyé tant d’écume
De radoteurs et discoureurs
De prêchis-prêchas ronchonneurs
Youtubisés tweeterisés

Après avoir couru les mers
Sur le salmigondis des niouzes
Des cachalots de la télé
Requins et requines d’eau trouble

Moi, Nemo, j’ai donc décidé
De replonger vers les grands fonds
Vers les coraux imputrescibles
Les cathédrales sous-marines

Car il est des livres dont la texture ancienne
demande qu’on aille les voir au plus profond
Fouiller le sable de leurs pages et déchiffrer
Le code oublié de leur langue et le nom des héros

Qui sont comme leurs oriflammes brandis haut
Des livres réclamant une respiration
Puissante et le temps long de la réflexion
Et dont l’écorce aride résiste aux marées

Poètes, philosophes ces explorateurs
Du continent enfoui des mots, cette Atlandide,
Où le chant des Sirènes jamais ne parvient
Mais dont la lecture elle-même est un chant

Venu de loin du feu du temps du fond de l’eau