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SOMMAIRE

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Jetziger Standpunkt des Geistes - Point de vue actuel de l'esprit

15.

Wird die Erscheinung einer solchen Foderung nach ihrem allgemeinem Zusammenhange aufgefaßt, und auf die Stufe gesehen, worauf der selbstbewußte Geist gegenwärtig steht, so ist er über das substantielle Leben, das er sonst im Elemente des Gedankens führte, hinaus, - über diese Unmittelbarkeit seines Glaubens, über die Befriedigung und Sicherheit der Gewißheit, welche das Bewußtsein von seiner Versöhnung mit dem Wesen und dessen allgemeiner, der innern und äußern, Gegenwart besaß. Er ist nicht nur darüber hinausgegangen, in das andere Extrem der substanzlosen Reflexion seiner in sich selbst, sondern auch über diese.

15.

Si l'on saisit l'apparition d'une telle exigence dans sa cohérence globale, si on la voit sur le plan qui est celui de l'esprit conscient de lui-même tel qu'il est présentement, alors il est au-dessus de la vie matérielle qui jusque-là le conduisait vers l'état élémentaire de la pensée ; il est au-delà de l'immédiateté de sa croyance, au-delà de la satisfaction et de la sécurité que donne la certitude dont il disposait de la conscience de sa réconciliation avec l'être et sa totalité, intérieure et extérieure. Il n'est pas allé seulement à l'autre extrémité d'une réflexion en lui-même et sur lui-même, sans aucun support substantiel, mais encore au-delà.

16.

Sein wesentliches Leben ist ihm nicht nur verloren, er ist auch dieses Verlustes, und der Endlichkeit, die sein Inhalt ist, bewußt. Von den Trebern sich wegwendend, daß er im Argen liegt, bekennend und darauf schmähend, verlangt er nun von der Philosophie nicht sowohl das Wissen dessen, was er ist, als zur Herstellung jener Substantialität und der Gediegenheit des Seins erst wieder durch sie zu gelangen.

16.

Sa vie profonde n'est pas seulement perdue pour lui, il est de plus conscient de cette perte, et de la finitude qui est maintenant son contenu. Dressé sur son fumier, sachant qu'il est dans le besoin et maudissant son état, il ne réclame pas tant de la philosophie le savoir de ce qu'il est que de parvenir grâce à elle à la réinstauration de la substance et la qualité de l'être.

17.

Diesem Bedürfnisse soll sie also nicht so sehr die Verschlossenheit der Substanz aufschließen, und diese zum Selbstbewußtsein erheben - nicht so sehr ihr chaotisches Bewußtsein zur gedachten Ordnung und zur Einfachheit des Begriffes zurückbringen, als vielmehr die Sonderungen des Gedankens zusammenschütten, den unterscheidenden Begriff unterdrücken und das Gefühl des Wesens herstellen, nicht sowohl Einsicht als Erbauung gewähren. Das Schöne, Heilige, Ewige, die Religion und Liebe sind der Köder, der gefodert wird, um die Lust zum Anbeißen zu erwecken, nicht der Begriff, sondern die Ekstase, nicht die kalt fortschreitende Notwendigkeit der Sache, sondern die gärende Begeisterung soll die Haltung und fortleitende Ausbreitung des Reichtums der Substanz sein.

17.

Pour répondre à ce besoin, la philosophie ne doit donc pas seulement faire sauter le verrou de l'enfermement dans la substance et hausser celle-ci au niveau de la conscience de soi, elle ne doit pas seulement mettre de l'ordre dans une conscience chaotique et la ramener dans la simplicité du concept, pas seulement réunifier les disparités de la pensée, dominer le concept qui différencie, instaurer le sentiment de l'être ; elle doit moins procurer une intelligence qu'une construction. Le Beau, le Saint, l'Éternel, la Religion et l'Amour sont les appâts nécessaires pour susciter l'envie de mordre ; ce n'est pas le concept mais l'extase qui est requis, non la froide nécessité du concret en action, mais le bouillonnement de l'enthousiasme : voilà ce que doivent être les conditions d'une telle démarche vers la richesse de la substance.

18.

Dieser Foderung entspricht die angestrengte und fast eifernd und gereizt sich zeigende Bemühung, die Menschen aus der Versunkenheit ins Sinnliche, Gemeine und Einzelne herauszureißen und ihren Blick zu den Sternen aufzurichten ; als ob sie, des Göttlichen ganz vergessend, mit Staub und Wasser, wie der Wurm, auf dem Punkte sich zu befriedigen stünden. Sonst hatten sie einen Himmel mit weitläufigem Reichtume von Gedanken und Bildern ausgestattet. Von allem, was ist, lag die Bedeutung in dem Lichtfaden, durch den es an den Himmel geknüpft war ; an ihm, statt in dieser Gegenwart zu verweilen, glitt der Blick über sie hinaus, zum göttlichen Wesen, zu einer, wenn man so sagen kann, jenseitigen Gegenwart hinauf. Das Auge des Geistes mußte mit Zwang auf das Irdische gerichtet und bei ihm festgehalten werden ; und es hat einer langen Zeit bedurft, jene Klarheit, die nur das Überirdische hatte, in die Dumpfheit und Verworrenheit, worin der Sinn des Diesseitigen lag, hineinzuarbeiten, und die Aufmerksamkeit auf das Gegenwärtige als solches, welche Erfahrung genannt wurde, interessant und geltend zu machen.

18.

À cette exigence correspond un effort intense qui se montre quasi agacé, emporté, pour empêcher les hommes de se noyer dans le sensible, le commun et le singulier, et diriger leurs regard vers les étoiles, comme si, oublieux de tout ce qui est divin, ils en étaient au point, comme le ver de terre, de se satisfaire de poussière et d'eau. Jusque-là, ils s'étaient fait un ciel constellé de pensées et d'images. La signification de tout ce qui existe tenait au fil de lumière qui le reliait au ciel ; grâce à lui, au lieu de séjourner dans le temps présent, le regard s'élançait là-haut, vers l'être divin, vers l'unité, vers le présent de l'au-delà du monde, pourrait-on dire. L'œil de l'esprit ne pouvait demeurer sur la terre, et arrimé à elle, que par la contrainte. Et il a fallu bien longtemps pour que quelque clarté d'origine supra-terrestre parvienne à pénétrer dans le trouble et la confusion au milieu desquels surnageait le sentiment de l'ici-bas, pour accorder quelque attention à ce qui est présent en tant que tel, le rendre intéressant et lui conférer quelque valeur : ce que l'on nomma expérience.

19.

- Jetzt scheint die Not des Gegenteils vorhanden, der Sinn so sehr in das Irdische festgewurzelt, daß es gleicher Gewalt bedarf, ihn darüber zu erheben. Der Geist zeigt sich so arm, daß er sich, wie in der Sandwüste der Wanderer nach einem einfachen Trunk Wasser, nur nach dem dürftigen Gefühle des Göttlichen überhaupt für seine Erquickung zu sehnen scheint. An diesem, woran dem Geiste genügt, ist die Größe seines Verlustes zu ermessen.

19.

Il semblerait maintenant que ce soit le contraire, et que le sens soit tellement enraciné dans le terrestre, que ce soit lui qui ait besoin d'un pareil coup de force pour pouvoir s'élever. L'esprit se montre si démuni que c'est lui qui pour se revigorer, comme le marcheur dans le désert, aspire à une simple gorgée d'eau, à un misérable sentiment du divin en général. À ce peu dont l'esprit se satisfait, on peut bien mesurer la grandeur de ce qu'il a perdu.

20.

Diese Genügsamkeit des Empfangens oder Sparsamkeit des Gebens ziemt jedoch der Wissenschaft nicht. Wer nur die Erbauung sucht, wer seine irdische Mannigfaltigkeit des Daseins und des Gedankens in Nebel einzuhüllen und nach dem unbestimmten Genusse dieser unbestimmten Göttlichkeit verlangt, mag zusehen, wo er dies findet ; er wird leicht selbst sich etwas vorzuschwärmen und damit sich aufzuspreizen die Mittel finden. Die Philosophie aber muß sich hüten, erbaulich sein zu wollen.

20.

Mais recevoir peu et donner chichement n'est pas ce qui convient à la science. Celui qui ne cherche que l'édification, qui veut envelopper de brouillard la multiplicité terrestre de son Étant et de sa pensée, n'a besoin que des vagues satisfactions d'une vague divinité, et il voit facilement où il peut les trouver. Il se forgera bien de quoi se réconforter et même s'extasier. Mais la philosophie, elle, doit se garder d'être édifiante.

21.

Noch weniger muß diese Genügsamkeit, die auf die Wissenschaft Verzicht tut, darauf Anspruch machen, daß solche Begeisterung und Trübheit etwas Höheres sei als die Wissenschaft. Dieses prophetische Reden meint gerade so recht im Mittelpunkte und der Tiefe zu bleiben, blickt verächtlich auf die Bestimmtheit (den Horos) und hält sich absichtlich von dem Begriffe und der Notwendigkeit entfernt, als von der Reflexion, die nur in der Endlichkeit hause. Wie es aber eine leere Breite gibt, so auch eine leere Tiefe, wie eine Extension der Substanz, die sich in endliche Mannigfaltigkeit ergießt, ohne Kraft, sie zusammenzuhalten - so ist dies eine gehaltlose Intensität, welche als lautere Kraft ohne Ausbreitung sich haltend, dasselbe ist, was die Oberflächlichkeit. Die Kraft des Geistes ist nur so groß als ihre Äußerung, seine Tiefe nur so tief, als er in seiner Auslegung sich auszubreiten und sich zu verlieren getraut.

21.

Quand on se contente ainsi de peu, en renonçant à la science, on peut encore moins prétendre qu'un tel enthousiasme et une telle confusion puissent atteindre un niveau supérieur à celui de la science elle-même. Ce discours prophétique croit si bien demeurer dans le juste milieu et dans la profondeur, qu'il considère avec dédain la détermination (le horos) et se tient hors de la vue du concept et de la nécessité, comme de la réflexion qui ne réside que dans la finitude. Mais de même qu'il peut y avoir une largeur vide et une profondeur vide, une extension de la substance des choses dans une multiplicité finie incapable de maintenir la cohésion de l'ensemble, de même est-ce là un discours d'une intensité sans consistance, une force pure se déployant sans extension, et qui est la même chose que la superficialité. La force de l'esprit n'est pas plus grande que son expression, sa profondeur ne va pas plus loin que le point extrême jusqu'où il ose se déployer et se perdre.

22.

- Zugleich wenn dies begrifflose substantielle Wissen die Eigenheit des Selbsts in dem Wesen versenkt zu haben und wahr und heilig zu philosophieren vorgibt, so verbirgt es sich, daß es, statt dem Gotte ergeben zu sein, durch die Verschmähung des Maßes und der Bestimmung vielmehr nur bald in sich selbst die Zufälligkeit des Inhalts, bald in ihm die eigne Willkür gewähren läßt. - Indem sie sich dem ungebändigten Gären der Substanz überlassen, meinen sie, durch die Einhüllung des Selbstbewußtseins und Aufgeben des Verstands, die Seinen zu sein, denen Gott die Weisheit im Schlafe gibt ; was sie so in der Tat im Schlafe empfangen und gebären, sind darum auch Träume.

22.

Et en même temps, quand ce savoir substantiel et non-conceptuel prétend avoir enfoui l'unicité du Soi dans l'être, et philosopher de façon vraie et sainte, il se dissimule à lui-même qu'au lieu de se dévouer à Dieu, en dédaignant la mesure et la détermination, il ne fait au fond rien d'autre que de laisser libre cours tantôt à la contingence du contenu, tantôt à l'arbiraire lui-même. Ceux qui cédent à la fermentation bouillonnante de la substance s'imaginent, par la dissimulation de la conscience de soi et par le renoncement à l'entendement, faire partie de ceux que Dieu reconnaît comme les siens, et à qui il infuse la connaissance dans leur sommeil. Mais ce qu'ils produisent et conçoivent ainsi en dormant ne sont encore de ce fait que des songes.

23.

Es ist übrigens nicht schwer, zu sehen, daß unsre Zeit eine Zeit der Geburt und des Übergangs zu einer neuen Periode ist. Der Geist hat mit der bisherigen Welt seines Daseins und Vorstellens gebrochen und steht im Begriffe, es in die Vergangenheit hinab zu versenken, und in der Arbeit seiner Umgestaltung. Zwar ist er nie in Ruhe, sondern in immer fortschreitender Bewegung begriffen.

23.

Il n'est d'ailleurs pas bien difficile de voir que notre époque est celle de la naissance et de l'éclosion d'une période nouvelle. L'esprit a rompu les amarres avec le monde dans lequel il résidait, et se prépare à noyer le reste dans le passé et dans le travail de sa propre venue au jour. D'ailleurs, il n'est jamais en repos, il est toujours pris dans un mouvement qui le fait avancer.

24.

Aber wie beim Kinde nach langer stiller Ernährung der erste Atemzug jene Allmählichkeit des nur vermehrenden Fortgangs abbricht - ein qualitativer Sprung - und itzt das Kind geboren ist, so reift der sich bildende Geist langsam und stille der neuen Gestalt entgegen, löst ein Teilchen des Baues seiner vorgehenden Welt nach dem andern auf, ihr Wanken wird nur durch einzelne Symptome angedeutet ; der Leichtsinn wie die Langeweile, die im Bestehenden einreißen, die unbestimmte Ahnung eines Unbekannten sind Vorboten, daß etwas anderes im Anzuge ist. Dies allmähliche Zerbröckeln, das die Physiognomie des Ganzen nicht veränderte, wird durch den Aufgang unterbrochen, der, ein Blitz, in einem Male das Gebilde der neuen Welt hinstellt.

24.

Mais de même que chez l'enfant, après une lente nutrition silencieuse, le premier souffle vient briser la progression d'une croissance qui se poursuivait simplement et saut qualitatif ! voici que l'enfant est né... De même, l'esprit qui mûrit lentement et silencieusement en allant à la rencontre de sa nouvelle forme détruit-il l'un après l'autre les éléments qui constituaient son monde précédent et pourtant ce bouleversement ne se manifeste guère que par des symptômes isolés. La frivolité, la langueur qui s'infiltrent dans ce qui subsiste, le pressentiment diffus de quelque chose d'inconnu, sont les signes avant-coureurs de quelque chose d'autre qui est en marche. Cet effritement progressif, qui ne modifiait pas la physionomie de l'ensemble, est interrompu par le surgissement, l'éclair, qui d'un seul coup, met en place la configuration d'un monde nouveau.

25.

Allein eine vollkommne Wirklichkeit hat dies Neue sowenig als das eben geborne Kind ; und dies ist wesentlich nicht außer acht zu lassen. Das erste Auftreten ist erst seine Unmittelbarkeit oder sein Begriff. Sowenig ein Gebäude fertig ist, wenn sein Grund gelegt worden, sowenig ist der erreichte Begriff des Ganzen das Ganze selbst. Wo wir eine Eiche in der Kraft ihres Stammes und in der Ausbreitung ihrer Äste und den Massen ihrer Belaubung zu sehen wünschen, sind wir nicht zufrieden, wenn uns an dieser Stelle eine Eichel gezeigt wird. So ist die Wissenschaft, die Krone einer Welt des Geistes, nicht in ihrem Anfange vollendet. Der Anfang des neuen Geistes ist das Produkt einer weitläufigen Umwälzung von mannigfaltigen Bildungsformen, der Preis eines vielfach verschlungnen Weges und ebenso vielfacher Anstrengung und Bemühung. Er ist das aus der Sukzession wie aus seiner Ausdehnung in sich zurückgegangene Ganze, der gewordne einfache Begriff desselben. Die Wirklichkeit dieses einfachen Ganzen aber besteht darin, daß jene zu Momenten gewordne Gestaltungen sich wieder von neuem, aber in ihrem neuen Elemente, in dem gewordenen Sinne entwickeln und Gestaltung geben.

25.

Ce nouveau monde, pourtant, n'a encore que peu de réalité effective, comme il en est pour l'enfant qui vient de naître. Et cela ne doit pas être négligé. La première entrée en scène n'est d'abord que celle de son immédiateté, ou son concept. Un édifice est aussi peu achevé par la pose de ses fondations que le tout qu'on a atteint ne constitue le Tout lui-même. Là où nous souhaitons voir un chêne, dans toute la force de son tronc, le déploiement de ses branches et la masse de son feuillage, nous ne sommes pas contents d'y trouver seulement un gland. Il en est ainsi de la science, couronnement du monde de l'esprit : il n'est pas accompli par son commencement. Le commencement de l'esprit nouveau est le produit du déploiement d'une multiplicité de formes culturelles, la récompense, au bout d'un chemin tortueux et ramifié, d'une multitude d'efforts et de peines. C'est le Tout revenant vers lui-même sur le mode de la succession comme sur celui de l'extension, le concept devenu élément de ce Tout lui-même. Mais sa réalité effective consiste alors en ceci que les anciennes formes devenues des instances se développent encore, mais dans leur nouvel élement, et avec le sens qui est ainsi advenu.