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Laisse 11

À première vue, la mention de “fées” est un peu surprenante dans une chanson de geste... Du moins dans les plus anciennes : pas de “fées” dans la “Chanson de Roland” ! Mais l'époque de la composition de “Renaut de Montauban” est certainement plus tardive, et il est possible que dans certaines versions les influences celtiques ou anglo-normandes aient apporté avec elles ces personnages qui deviendront la règle au XVe. Assonance : pour rester fidèle à l'original, j'ai dû me résoudre à conserver “Bavière” et faire une petite entorse à la consonance en “er/é”.

                        Or est nostre emperere a Montessor venuz.
                        Devant la maistre porte est a pié descenduz.
                        Il n'i ot que .iij. portes ou sige soit tenuz :
                        A l'une fu quens Guy et Foques li chanuz
515                  Et li quens de Nevers et danz Ogier ses druz ;
                        Et li dux de Borgoingne ne s'a[se]üra plus,
                        A la tierce des portes est a pié descenduz.
                        Et tuit li Herupois, n'en est nus remasuz.
                        La out tant paveillon et tant buen tref tenduz ;
520                  De cele part iert bien le siege maintenuz.
                        Devant l'empereor est Aymes li chanuz,
                        Por guerroier ses filz est avec li venuz,
                        Il n'en partira mais si sera irascuz.
                        Renaut est preuz et sages et chevalier menbruz,
525                  Il a laienz ses armes, ses amis et ses druz,
                        Tant par est bien garniz, qu'en diroi[e] je plus ?
                        Bien iert en l'ost le roi le sieges meingtenuz.

                        Or est notre Empereur à Montessor venu.
                        Devant la grande porte, est à pied descendu.
                        Devant trois portes était le siège maintenu.
                        À l'une, Comte Guy et Fouques le chenu,
515                  Le Comte de Nevers et Ogier sont venus.
                        Et le duc de Bourgogne en selle n'y est plus :
                        À la troisième porte, à pied est descendu.
                        Ceux d'Herupoix aussi, ils y sont tous venus,
                        Là où les tentes sont et pavillons tendus :
520                  De ce côté le siège est ainsi bien tenu.
                        Et devant l'empereur est Aymes le chenu,
                        Pour combattre ses fils, lui aussi est venu :
                        Il n'en partira pas, de colère éperdu.
                        Renaut est courageux, sa force est bien connue,
525                  Ses armes sont ici, ses amis bienvenus,
                        Il est très bien gardé, qu'en dirais-je de plus ?
                        Mais pour l'armée du roi, le siège est maintenu.