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SOMMAIRE

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Lamentations (feintes) de Tristan

79.

Sire, mot t'ai por lui amé

79.

     Sire, pour lui vous ai aimé,

80.

Et j'en ai tot perdu son gré.
— Certes, il n'en ..................... [Note]
Porquoi seroit tot suen li ...
Si home li ont fait acroire

80.

Et de lui je suis méprisée.
................................................... [Note]
...................................................
Ses hommes l'ont persuadé

84.

De nos tel chose qui n'est voire.
— Sire Tristan, que volez dire ?
Mot est cortois li rois mi sire ;
Ja nu pensast nul jor par lui

84.

Sur nous, contre la vérité.
— Sire Tristan, qu'allez-vous dire ?
Il est courtois, le roi, mon sire.
Il n'a jamais eu cette idée

88.

Q'en cest pensé fuson andui,
Mais l'en puet home desveier,
Faire mal faire et bien laisier :
Si a l'on fait de mon seignor.

88.

Que nous ayons telles pensées !
Mais un homme, on peut l'amener,
À mal faire, et le bien laisser :
On a fait ça pour mon seigneur !

92.

Tristrans, vois m'en, trop i demor.
— Dame, por amor Deu, merci !
Mandai toi, et or es ici :
Entent un poi a ma proiere.

92.

Tristan, je pars — trop je demeure !
— Dame, par Dieu, ayez pitié !
Ici je vous ai appelée :
Écoutez un peu ma prière,

96.

Ja t'ai je tant tenue chiere ! »
Quant out oï parler sa drue,
Sout que s'estoit aperceüe :
Deu en rent graces et merci.

96.

Vous qui m'êtes tellement chère ! »
Ayant entendu son amie
Il a su qu'elle avait compris...
Il en a rendu grâce à Dieu :

100.

Or set que bien istront de ci.
Ahi ! Yseut, fille de roi,
Franche, cortoise, en bone foi,
Par plusors foiz vos ai mandee,

100.

Car ils s'en sortiront sous peu !
« Ah ! Yseut, vous, fille de roi,
Si courtoise... De bonne foi,
Je vous ai souvent réclamée

104.

Puis que chambre me fut veee,
Ne puis ne poi a vos parler.
Dame, or vos vuel merci crïer,
Qu'il vos membre de cest chaitif

104.

Votre chambre m'étant fermée
Et ne pouvant plus vous parler.
Dame, veuillez avoir pitié !
Pensez un peu au malheureux

108.

Qui a traval et a duel vif,
Quar j'ai tel duel c'onques le roi
Out mal pensé de vos vers moi
Qu'il n'i a el fors que je muere.

108.

Qui souffre, qui est douloureux !
J'ai tant de peine que le roi
Ait mal pensé de vous et moi,
Que je n'ai plus qu'à en mourir...

112.

Fort m'est .................................
Dame .......................................
D................................................
...................................................

112.

...................................................
...................................................
...................................................
...................................................

116.

...................................................
.............................. mon corsage
.............................. qu'il fust si sage
Qu'il n'en creüst pas losangier

116.

...................................................
...................................................
...................................................
Qu'il n'ait pas cru ses conseillers

120.

Moi, desor lui, a esloignier.

120.

Pour me contraindre à m'éloigner.

NOTES

Note Le manuscrit a ici une large tache, et une partie des vers que je reproduis d'après l'édition sont le fait de “reconstitutions” opérées par les spécialistes au début du XXe siècle. Traduire des lignes incomplètes n'aurait pas eu grand sens, et j'ai préféré les ignorer.