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SOMMAIRE

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Le roi découvre les amants

§ Le forestier prévient le roi § Le roi part en secret avec le forestier § Le roi arrive à la hutte de feuillage § Le roi hésite, et s'en va en laissant des traces

1835.

Oez, seignors, qel aventure :

1835.

Seigneurs, entendez la nouvelle :

1836.

Tant lor dut estre pesme et dure !
Par le bois vint uns forestiers,
Qui avoit trové lor fulliers
Ou il erent el bois geü.

1836.

Pour eux ce dut être cruel !
Dans la forêt, un forestier
Avait trouvé l'abri caché
Où souvent ils se reposaient.

1840.

Tant a par le fuellier seü
Qu'il fu venuz a la ramee
Ou Tristran ot fait s'aünee.
Vit les dormanz, bien les connut :

1840.

Le sentier suivi le menait
Jusqu'à cet endroit que bien vite
Tristan avait pris pour son gîte.
Ils dormaient, il les reconnut.

1844.

Li sans li fuit, esmarriz fut.
Mot s'en vet tost, quar se doutoit ;
Bien sot, se Tristran s'esvellot,
Que ja n'i metroit autre ostage,

1844.

Glacé d'effroi, et éperdu,
Il fuit très vite, car il craint
Que Tristan éveillé soudain
Ne prendrait rien d'autre en otage

1848.

Fors la teste lairoit en gage.
Se il s'en fuit, n'est pas mervelle ;
Du bois s'en ist, n'est pas mervelle.
Tristran avec s'amie dort :

1848.

Que sa tête, en guise de gage !
Pas étonnant s'il s'est enfui,
S'il a quitté le bois — aussi.
Tristan avec son amie dort :

1852.

Par poi qu'il ne reçurent mort.

1852.

Ils ont frôlé de peu la mort.

§ Le forestier prévient le roi

§ Le forestier prévient le roi

D'iluec endroit ou il dormoient,
Qui deus bones liues estoient
La ou li rois tenet sa cort.

Endormis sont, et de ce lieu
D'où il y a deux bonnes lieues
Jusqu'à la cour que tient le roi

1856.

Li forestiers grant erre acort ;
Qar bien oï avoit le ban
Que l'en avoit fait de Tristran :
Cil qui au roi en diroit voir

1856.

Le forestier à grand émoi,
Court, ayant entendu le ban
Qui fut rendu contre Tristan :
Celui qui au roi le dirait

1860.

Asez aroit de son avoir.
Li forestiers bien le savoit,
Por c'acort il a tel esploit.
Et li rois Marc en son palais

1860.

Fort bien récompensé serait !
Le forestier pour ça courut
Le plus rapidement qu'il put !
Et le roi Marc, en son palais

1864.

O ses barons tenoit ses plaiz ;
Des barons ert plaine la sale.
Li forestier du mont avale
Et s'en est entrez. Mot vait tost.

1864.

Devant tous, justice rendait :
Ses barons emplissaient la salle.
Des bois le forestier dévale,
Et se précipite au château.

1868.

Pensez que onc arester s'ost
De si que il vint as degrez
De la sale ? sus est montez.
Li rois le voit venir grant erre,

1868.

Croyez-vous qu'il s'arrête sitôt
Qu'il est venu aux escaliers ?
Pas du tout ! Il les a grimpés.
Le roi le voit venir, pressé,

1872.

Son forestier apele en erre :
« Sez noveles, qui si tost viens ?
Ome sembles que core a chiens,
Que chast sa beste por ataindre.

1872.

Et aussitôt l'a appelé :
« Des nouvelles te font venir ?
Avec des chiens semble courir,
Après la bête qui s'enfuit !

1876.

Veus tu a cort de nullui plaindre ?
Tu senbles home qu'ait besoin,
Qui ça me soit tramis de loin.
Se tu veus rien, di ton mesage.

1876.

Viens-tu te plaindre d'elle, ou lui ?
Tu sembles être dans le besoin,
Et pour cela venir de loin...
Dis moi donc quel est ton message.

1880.

A toi nus hom veé son gage
Ou chacié vos de ma forest ?
- Escoute moi, roi, se toi plest,
Et si m'entent un sol petit.

1880.

Ne t'a-t-on pas payé tes gages ?
De ma forêt t'a-t-on chassé ?
— Écoute-moi, roi, par pitié !
Entends un peu ce que je dis.

1884.

Par cest païs a l'on banit,
Qui ton nevo porroit trover,
Qu'ançois s'osast laisier crever
Qu'il nu preïst, ou venist dire.

1884.

Dans ce pays partout on dit
Qui trouve ton neveu devrait
Plutôt mourir s'il ne pouvait
Le prendre ou venir te le dire.

1888.

Ge l'ai trové, s'en criem vostre ire :
Se nel t'ensein, dorras moi mort.
Je te merrai la ou il dort,
Et la roïne ensemble o lui.

1888.

Je l'ai trouvé mais crains votre ire !
Si je te le dis, je suis mort !
Je te conduirai où il dort
Avec la reine auprès de lui.

1892.

Ges vi, poi a, la ou andui
Fermement erent endormi.
Grant poor oi, quant la les vi. »
Li rois l'entent, boufe et sospire,

1892.

Je les ai vus, tous deux ainsi,
Il y a peu, ainsi dormant.
J'ai eu très peur, en les voyant. »
Le roi l'entend, souffle et s'affaire,

1896.

Esfreez est, forment s'aïre ;
Au forestier dist et conselle
Priveement, dedenz l'orelle :
« En qel endroit sont il ? Di moi !

1896.

S'agite, il est très en colère ;
Au forestier, en chuchotant
Lui demande secrètement :
« En quel endroit sont-ils ? Dis-moi,

1900.

- En une loge de Morroi
Dorment estroit et embrachiez.
Vien tost, ja serez d'eus vengiez.
Rois, s'or n'en prens aspre venjance,

1900.

— Dans une hutte du Morrois
Ils dorment tous deux enlacés.
Viens vite et d'eux seras vengé !
Roi, si d'eux tu ne te venges pas,

1904.

N'as droit en terre, sanz doutance. »

1904.

Ta terre ne mérites pas. »

§ Le roi part en secret avec le forestier

§ Le roi part en secret avec le forestier

Li rois li dist : « Is t'en la fors.
Si chier conme tu as ton cors,
Ne dire a nul ce que tu sez,

Le roi lui dit : « va-t-en d'ici !
Et si tu tiens bien à ta vie,
Qu'à nul rien ne soit dévoilé

1908.

Tant soit estrange ne privez.
A la Croiz Roge, au chemin fors,
La on enfuet sovent les cors,
Ne te movoir : iluec m'atent.

1908.

Qu'il te soit proche ou étranger.
À la Croix Rouge, hors la cité,
La où les morts sont enterrés,
Attends-moi, et ne bouge pas !

1912.

Tant te dorrai or et argent
Con tu voudras, je l'afi toi. »
Li forestier se part du roi,
A la Croiz vient, iluec s'asiet.

1912.

Or et argent, tu recevras
Tant que voudras, de sur ma foi. »
Le forestier quitte le roi,
Vient à la Croix, et s'assied là.

1916.

Male gote les eulz li criet,
Qui tant voloit Tristran destruire !
Mex li venist son cors conduire,
Qar puis morut a si grant honte

1916.

Que le mal soit sur ces yeux-là,
De qui à Tristan voulait nuire  !
Il eût bien mieux fait de partir,
Car il est mort en grande honte,

1920.

Con vos orrez avant el conte.
Li rois est en la chambre entrez,
A soi manda toz ses privez,
Puis lor voia et desfendi

1920.

Comme vous le dira mon conte.
Le roi est dans la salle entré,
Et à ses hommes assemblés,
Absolument leur interdit

1924.

Qu'il ne soient ja si hardi
Qu'il allent après lui plain pas.
Chascun li dist : « Rois, est ce gas
A aler vos sous nule part ?

1924.

De n'être jamais si hardis,
Pour oser le suivre où il va.
Chacun lui a dit : « Sire roi,
Vous plaisantez ? Vous, aller seul ?

1928.

Ainz ne fu roi qui n'ait regart.
Qel novele avez vos oïe ?
Ne vos movez por dit d'espie. »
Li rois respont : « Ne sai novele,

1928.

Jamais un roi ne s'en va seul !
Quelle nouvelle vous a donnée,
Cet espion, — ne l'écoutez ! »
Le roi répond : « pas de nouvelle !

1932.

Mais mandé m'a une pucele
Que j'alle tost a lié parler.
Bien me mande n'i moigne per.
G'irai tot seus sanz mon destrer,

1932.

Mais m'a demandé demoiselle
Que j'aille vite lui parler...
Et sans compagnon amener.
J'irai seul sur mon destrier

1936.

Ne merrai per ne escuier,
A ceste foiz irai sanz vos. »
Il responent : « Ce poise nos.
Chatons commanda a son filz

1936.

Sans barons, ni même écuyer,
Cette fois-ci j'irai sans vous. »
Ils répondent : « C'est mal pour nous.
Caton son fils a conseillé

1940.

A eschiver les leus soutiz. »
Il respont : « Je le sai assez.
Laisiez moi faire auques mes sez. »
Li rois a fait sa sele metre,

1940.

D'éviter les lieux écartés. »
Il répond : « Je le sais fort bien ;
Laissez-moi ce qui me convient. »
Le roi a fait sa selle mettre

1944.

S'espee çaint, sovent regrete
A lui tot sol la cuvertise
Que Tristran fist, qant il l'ot prisse
Yseut la bele o le cler vis,

1944.

Il ceint l'épée, mais il regrette [Note 1]
En lui-même cette traîtrise
Par laquelle Tristan l'a prise,
Yseut la belle, au doux visage,

1948.

O qui s'en est alé fuitis.
S'il les trove, mot les menace,
Ne laira qu'il ne lor mesface.
Mot est li rois acoragiez

1948.

Et comme elle vit en sauvage !
S'il les trouve, les menacera,
Et le plus grand mal leur fera.
Le roi qui est plein de fureur

1952.

De destruire : c'es granz pechiez.
De la cité s'en est issuz
Et dist mex veut estre penduz
Qu'il ne prenge de ceus venjance

1952.

Veut les mettre à mort — quelle erreur !
Hors de la ville il est venu,
Disant : mieux vaut être pendu
Que vengeance ne pas tirer

1956.

Qui li ont fait tel avilance.
A la Croiz vint, ou cil l'atent.
Dist li qu'il aut isnelement
Et qu'il le meint la droite voie.

1956.

De ceux qui l'ont déshonoré.
À la Croix, où l'autre l'attend,
Il lui dit sans perdre de temps
Qu'il le mène là-bas tout droit.

§ Le roi arrive à la hutte de feuillage

§ Le roi arrive à la hutte de feuillage

1960.

El bois entrent, qui mot ombroie.
Devant le roi se met l'espie ;
Li rois le sieut, qui bien se fie
En l'espee que il a çainte,

1960.

Ils vont dans l'ombre, par le bois.
Devant le roi marche l'espion
Le roi le suit, sur ses talons.
Il se fie à sa bonne épée,

1964.

Dont a doné colee mainte.
Si fait il trop que surquidez ;
Qar se Tristran fust esvelliez,
Li niés o l'oncle se meslast,

1964.

Dont souvent a grands coups donnés.
Mais il est trop plein de fierté :
Si Tristan s'était réveillé,
Oncle et neveu se combattraient

1968.

Li uns morust, ainz ne finast.
Au forestier dist li rois Mars
Qu'il li dorroit d'argent vint mars,
Sel menoit tost tost a lor recet.

1968.

Et l'un des deux, certes, mourrait.
Au forestier, dit le roi Marc
D'argent lui donnera vingt marcs,
Si vers leur cache le conduit.

1972.

Li forestier (qui vergonde ait !)
Dist que pres sont de lor besoigne.
Du buen cheval né de Gascoingne,
Fait l'espie le roi descendre.

1972.

Le forestier — honte sur lui !
Dit qu'ils sont bientôt arrivés.
Du cheval en Gascogne né
L'espion a fait le roi descendre,

1976.

De l'autre part cort l'estrier prendre ;
A la branche d'un vert pomier
La reigne liënt du destrier.
Poi vont avant, qant ont veü

1976.

Son étrier a couru prendre.
À la branche d'un vert pommier
Ont attaché le destrier.
Puis en s'avançant, ils ont vu

1980.

La loge por qu'il sont meü.

1980.

La hutte pour quoi sont venus !

§ Le roi hésite, et s'en va en laissant des traces

§ Le roi hésite, et s'en va en laissant des traces

Li rois deslace son mantel,
Dont a fin or sont li tasel :
Desfublez fu, mot out gent cors.

Le roi a défait son manteau
Dont les glands sont d'or fin et beau :
Quelle prestance, sans le manteau !

1984.

Del fuerre trait l'espee fors.
Iriez s'atorne, sovent dit
Q'or veut morir s'il nes ocit.
L'espee nue an la loge entre.

1984.

Son épée sort de son fourreau.
Furieux s'avance, et il se dit
Qu'il mourra s'il ne les occit !
L'épée au poing entre en la hutte,

1988.

Le forestier entre soventre,
Grant erre après le roi acort :
Li ros li çoine qu'il retort.
Li rois en haut le cop leva,

1988.

Le forestier arrive ensuite,
Il est accouru, empressé ;
Le roi lui dit de s'en aller,
Et lève l'épée pour frapper

1992.

Iré le fait, si se tresva.
Ja descendist li cop sor eus :
Ses oceïst, ce fust grant deus.
Qant vit qu'ele avoit sa chemise

1992.

Il est furieux, puis s'est calmé :
Le coup sur eux allait tomber ;
Malheur ! S'il les avait tués !
Quand il a vu qu'Yseut portait

1996.

Et qu'entre eus deus avoit devise,
La bouche o l'autre n'ert jostee,
Et qant il vit la nue espee
Qui entre eus les desevrot,

1996.

Chemise, et qu'un espace était
Entre eux, leurs lèvres séparées,
Et qu'il a vu la noble épée
Entre eux, qui à part les tenait,

2000.

Vit les braies que Tristran out :
« Dex ! » dist li rois, « que ce puet estre ?
Or ai veü tant de lor estre,
Dex ! je ne sai que doie faire,

2000.

Et que Tristan portait ses braies,
« Dieu ! » fit le roi , « Qu'est-ce donc là ?
Maintenant que là je les vois,
Dieu ! Je ne sais quoi décider

2004.

Ou de l'ocire ou du retraire.
Ci sont el bois bien a lonc tens.
Bien puis croire, se je ai sens,
Se il l'amasent folement,

2004.

Ou les tuer ou m'en aller !
Dans ce bois, ont été longtemps,
Je peux penser, c'est évident
Que s'ils s'aimaient si follement

2008.

Ja n'i eüsent vestement,
Entre eus deus n'i eüst espee,
Autrement fust cest'asenblee.
Corage avoie d'eus ocire :

2008.

Ils n'auraient pas de vêtements !
Entre eux n'y aurait pas d'épée
Et autrement seraient placés...
Je voulais les tuer tous deux

2012.

Nes tocherai, retrairai m'ire.
De fole amor corage n'ont.
N'en ferrai nul. Endormi sont :
Se par moi eirent atouchié,

2012.

Mais ne le ferai — ne le peux.
Ce ne sont pas des amoureux
Ils dorment — frapper je ne peux.
Si seulement je les touchais

2016.

Trop par feroie grant pechié ;
Et se g'esvel cest endormi
Et il m'ocit ou j'oci lui,
Ce sera laide reparlance.

2016.

Une grosse erreur commettrais.
Si j'éveillais cet endormi,
S'il me tuait, ou bien moi, lui,
En bien mal on en parlerait.

2020.

Je lor ferai tel demostrance
Que, puis que il s'esvelleront,
Certainement savoir porront
Qu'il furent endormi trové

2020.

Une trace leur laisserai
Et quand ils se réveilleront,
Alors c'est sûr, il le sauront,
Qu'on les a trouvés endormis

2024.

Et q'en a eü d'eus pité,
Que je nes vuel noient ocire,
Ne moi ne gent de mon empire.
Ge voi el doi a la reïne

2024.

Et que d'eux pitié m'en a pris,
De ne pas les avoir tués
Moi, ni personne en la contrée.
La reine porte encore au doigt

2028.

L'anel a pierre esmeraudine
Que li donnai (mot par est buens).
Et g'en rai un qui refu suens :
Osterai li mien du doi.

2028.

L'anneau d'émeraudes, je vois :
Celui que je lui ai donné.
Un autre en ai, qu'elle a porté :
Lui ôterai le mien du doigt,

2032.

Uns ganz de voie rai j'o moi,
Qu'el aporta o soi d'Irlande.
Le rai qui sor la face brande
(Qui li fait chaut) en vuel covrir ;

2032.

Un gant de vair que j'ai sur moi
D'Irlande l'avait rapporté :
J'en couvrirai sa face brulée
D'un rayon de soleil trop chaud.

2036.

Et qant vendra au departir,
Prendrai l'espee d'entre eus deus
Dont au Morhot fu el chief dors. »
Li rois a deslïé les ganz,

2036.

Et maintenant partir me faut :
Je prendrai entre eux deux l'épée
Qui Morholt a décapité ! »
Alors le roi ôte ses gants,

2040.

Vit ensenble les deus dormanz,
Le rai qui sor Yseut decent
Covre des ganz mot bonement.
L'anel du roi defors parut :

2040.

Les regarde tous deux dormant ;
Sur la joue d'Yseut le rayon
Son gant couvre avec émotion.
Et voyant son anneau, le roi

2044.

Souef le traist, qu'il ne se mut.
Primes i entra il enviz ;
Or avoit tant les doiz gresliz
Qu'il s'en issi sanz force fere ;

2044.

Lui ôte sans bouger son doigt.
Autrefois, difficilement
L'avait passé, mais maintenant,
De son doigt grêle, sans effort

2048.

Mot l'en sot bien li rois fors traire.
L'espee qui entre eus deus est
Souef oste, la soue i met.
De la loge s'en issi fors,

2048.

Le roi put le tirer dehors !
L'épée qui entre eux deux repose
Il a ôté, — la sienne pose.
De la hutte s'en est allé,

2052.

Vint au destrier, saut sor le dos ;
Au forestier dist qu'il s'en fuie,
Son cors trestort, si s'en conduie.
Vet s'en li rois, dormant les let,

2052.

Sur son destrier est monté ;
Au forestier dit qu'il le laisse :
Qu'il s'en retourne, et disparaisse !
Eux dorment — et s'en va le roi

2056.

A cele foiz n'i plus fait.
Reperiez est a sa cité.
De plusorz parz out demandé
Ou a esté et ou tant fut.

2056.

Sans rien plus faire cette fois.
Il est rentré dans sa cité.
On demande de tous côtés,
Où il est allé, si longtemps ?

2060.

Li rois lor ment, pas n'i connut
Ou il ala ne que il quist
Ne de faisance que il fist.

2060.

Il ne dit rien, mais il leur ment,
Ne leur dit pas où il était
Ni pourquoi, ni ce qu'il a fait.