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SOMMAIRE

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Tristan en lépreux au “Mal Pas”.

§ Tristan se déguise en lépreux § Tristan demande l'aumône § Les chevaliers s'embourbent § Arrivée du roi Arthur § Arrivée du roi Marc

Tristan se déguise en lépreux, et s'installe devant le marais du “Mal Pas” : il incite les chevaliers qui viennent pour le tournoi judiciaire à passer par le plus mauvais endroit et se réjouit de les voir s'enliser... Puis arrive Arthur et les chevaliers de la “Table Ronde”. Tristan lui demande l'aumône et se moque de lui. Quand Marc se présente, Tristan évoque Yseut à mots couverts, et Marc n'y voit que des plaisanteries.

3564.

Que diroie ? Li terme aprime
De soi alegier la roïne.

3564.

Que dire ? C'est bientôt le jour
Où la reine sera jugée.

§ Tristan se déguise en lépreux

§ Tristan se déguise en lépreux

Tristran le suen amis, ne fine,
Vestu se fu de mainte guise :

Tristan, son ami, s'est hâté
De se vêtir tout à sa guise :

3568.

Il fu en legne, sanz chemise ;
De let burel furent les cotes
Et a quarreaus furent ses botes.
Une chape de burel lee

3568.

Habit de laine, sans chemise ;
De laide bure était sa cotte,
Et fort trouées étaient ses bottes.
Un manteau de bure grossière

3572.

Out fait tallier, tote enfumee.
Affublez se fu forment bien,
Malade senble plus que rien ;
Et nequedent si ot s'espee

3572.

Noir de fumée, s'était fait faire :
Il s'était fort bien déguisé,
Comme lépreux tout affublé.
Mais il a gardé son épée

3576.

Entre ses flans estoit noee.
Tristran s'en part, ist de l'ostal
Celeement, a Governal,
Qui li enseigne et si li dit :

3576.

À son côté bien attachée.
Tristan s'en va, il est parti
En secret, Gouvernal aussi,
Qui fait ses recommandations :

3580.

« Sire Tristran, ne soiez bric.
Prenez garde de la roïne,
Qu'el n'en fera semblant ne signe.
— Maistre, » fait il, « si ferai bien.

3580.

« Tristan, faites bien attention
Et sachez bien que de la reine
Vous ne recevrez aucun signe !
— Maître, je vais me méfier,

3584.

Gardez que vos faciez mon buen.
Ge me criem mot d'aperchevance.
Prenez mon escu et ma lance,
Ses m'aportez et mon cheval

3584.

Et vous, soyez prêt à m'aider.
Je crains fort d'être reconnu :
Prenez ma lance et mon écu
Et harnachez moi mon cheval

3588.

Enreignez, mestre Governal...
Se mestier m'est, que vos soiez
Au pasage, près enbuschiez :
Vus savez bien le buen passage,

3588.

Je vous prie, Maître Gouvernal !
S'il le faut, vous pourrez m'aider :
Soyez au gué, mais bien caché.
L'endroit vous le connaissez bien,

3592.

Pieç'a que vos en estes sage.
Li cheval est blans comme flor :
Covrez le bien trestot entor,
Que il ne soit mes conneüz

3592.

Vous savez bien où il se tient.
Ce cheval est blanc comme un lys
Couvrez-le bien d'une pelisse,
Pour qu'il ne soit pas reconnu,

3596.

Ne de nul home aperceüz.
La ert Artus atot sa gent,
Et li rois Marc tot ensement.
Cil chevalier d'estrange terre

3596.

Ne soit même pas aperçu !
Arthur et ses gens seront là,
Le roi Marc aussi y sera.
De loin venus, ces chevaliers

3600.

Bohorderont por los aquerre ;
Et, por l'amor Yseut m'amie,
I ferai tost une esbaudie.
Sus la lance soit le penon*

3600.

Pour leur gloire, vont s'affronter.
Pour l'amour d'Yseut, mon amie,
Leur en ferai voir, moi aussi.
Qu'à ma lance soit le pennon

3604.

Dont la bele me fist le don.
Mestre, or alez, pri vos forment
Que le faciez mot sauvement. »
Prist son henap et son puiot,

3604.

Dont la belle Yseut me fit don.
Allez, Gouvernal, maintenant,
Mais je vous prie, soyez prudent. »
Il prend béquille et gobelet,

3608.

Le congié prist de lui, si l'ot.
Governal vint a son ostel,
Son hernois prist, ainz ne fist el,
Puis si se mist tost a la voie.

3608.

Et prend congé de son valet.
Gouvernal revient au logis
Et son équipement a pris,
S'est mis en route maintenant

3612.

Il n'a cure que nus le voie.
Tant a erré qu'enbuschié s'est
Près de Tristran, qui au Pas est.
Sor la mote, au chief de la mare,

3612.

Sans qu'on le voie, bien se cachant.
Il a fini par arriver
Près de Tristan qui est au gué.
Sur la butte, devant la mare

3616.

S'asist Tristran sanz autre afaire.
Devant soi fiche son bordon :
Atachié fu a un cordon
A quei l'aveit pendu au col.

3616.

S'est mis Tristan, sans crier gare.
Devant lui a mis son bâton,
Qui est fixé à un cordon
Qu'il a attaché à son cou.

3620.

Entor lui sont li taier mol.
Sor la mote forment se tret.
Ne senbla pas home contret,
Qar il ert gros et corporuz,

3620.

Autour de lui le sol est mou :
Sur la butte s'accroche ferme.
Il n'avait pas l'air trop infirme
Car il est fort et de corps sain,

3624.

Il n'ert pas nains, contrez, boçuz.
La rote entent, la s'est asis.
Mot ot bien bocelé son vis.

3624.

N'est pas bossu, n'est pas un nain.
Il entend la foule et s'assied.
Son visage avait boursouflé :

§ Tristan demande l'aumône

§ Tristan demande l'aumône

Qant aucun passe devant lui,

Quand quelqu'un passe devant lui

3628.

En plaignant disoit : « Mar i fui !
Ja ne quidai estre aumosnier
Ne servir jor de cest mestier,
Mais n'en poon or mais el faire. »

3628.

D'un air plaintif, s'adresse à lui :
« Pauvre de moi, jamais n'aurais
Cru que l'aumône quêterais,
Mais je n'ai plus d'autre métier ! »

3632.

Tristran lor fait des borses trere,
Quar il fait tant chascun li done.
Il les reçoit, que mot ne sone.
Tex a esté set anz mignon

3632.

Tristan leur fait bourse délier :
Il fait si bien que chacun donne ;
De ce qu'il prend, nul ne s'étonne.
Comme un qui fut mignon longtemps

3636.

Ne set si bien traire guignon.
Meïsmes li corlieu a pié
Et li garçon li plus proisié,
Qui vont mangant par le chemin,

3636.

Il sait bien soutirer l'argent !
Même aux valets simples coursiers
Ou ceux qui sont les plus prisés,
Et vont mangeant par les sentiers,

3640.

Tristran, qui tient le chief enclin,
Lor aumosne por Deu lor quiert.
L'un l'en done, l'autre le fiert.
Li cuvert gars, li desfaé

3640.

Tristan, qui tient tête baissée
Au nom de Dieu demande aumône
Certains le frappent d'autres donnent
Les valets dévoyés, fripons,

3644.

Mignon, herlot l'ont apelé.
Escoute Tristran, mot ne sone :
Por Deu, ce dit, le lor pardone.
Li corlieu, qui sont plain de rage,

3644.

L'appellent coquin, ou mignon.
Tristan écoute sans un mot
Dieu ! Il faut pardonner aux sots.
Ces corbeaux, qui sont enragés,

3648.

Li font ennui, et il est sage.
Truant le claiment et herlot.
Il les convoie o lo puiot,
Plus de quatorze en fait saignier,

3648.

L'agacent, mais calme est resté.
De tous les noms, ils l'ont traité :
Par sa béquille menacés,
Plus de quatorze a fait saigner,

3652.

Si qu'il ne püent estanchier.
Li franc vaslet de bonne orine
Ferlin ou maalle esterline
Li ont doné : il les reçoit.

3652.

Leur sang ne cesse de couler.
Mais les jeunes pages bien nés
Maille sterling lui ont donné,
Un ferlin ne refuse pas !

3656.

Il lor dit que il a toz boit,
Si grant arson a en son cors
A poine l'en puet geter fors.
Tuit cil qui l'oient a parler

3656.

Il dit qu'à leur santé boira,
Car tel brasier a dans le corps
Qu'il ne peut le mettre dehors.
Tous ceux qui l'entendent parler

3660.

De pitié prenent a plorer ;
Ne tant ne quant pas nu mescroient
Qu'il ne soit ladres cil quil voient.
Pensent vaslet et escuier

3660.

Se mettent à pleurer de pitié ;
Et aucun de ceux qui le voient
Ne doute que lépreux ne soit.
Valets et écuyers s'empressent

3664.

Qu'il se hastent de soi logier
E des tres tendre lor seignors,
Pavellons de maintes colors :
N'i a riche home n'ait sa tente.

3664.

De trouver un logis et dressent
Belles tentes pour leurs seigneurs,
Pavillons de maintes couleurs :
Tous les puissants y ont leur tente.

§ Les chevaliers s'embourbent

§ Les chevaliers s'embourbent

3668.

A plain erre, chemin et sente,
Li chevalier vienent après.
Mot a grant presse en cel marchés ;
Esfondré l'ont, mos est li fans.

3668.

Très vite, par chemins et sentes,
Les chevaliers sont arrivés
En ce marais sont rassemblés,
Ils ont piétiné ce bourbier :

3672.

Li cheval entrent jusq'as flans,
Maint en i chiet, qui que s'en traie.
Tristran s'en rist, point ne s'esmaie,
Par contraire lor dit a toz :

3672.

Leurs chevaux s'y sont enfoncés,
Ils s'enlisent et sauve qui peut !
Tristan en rit, ne s'en émeut.
À tous au contraire il a dit :

3676.

« Tenez vos reignes par les noz,
Si hurtez bien de l'esperon.
Par Deu, ferez de tot a bandon,
Qu'il n'a avant point de taier. »

3676.

« Tenez bien vos rênes ici,
Et piquez bien des éperons !
Par Dieu, piquez des deux talons
Devant vous est le bon chemin ! »

3680.

Qant il le pensent essaier,
Li marois font desoz lor piez.
Chascun qui entre est entaiez :
Qui n'a hueses, s'en a soffrete.

3680.

Et dès qu'ils tâtent le terrain,
Le marais cède sous leurs pieds
Tous en passant sont embourbés :
Malheur à qui n'a pas de bottes  !

3684.

Li ladres a sa main fors traite ;
Qant en voit un qui el tai voitre,
Adonc flavele cil a cuite.
Qant il le voit plus en fangoi,

3684.

Le lépreux entr'ouvre sa cote
Quand il en voit un embourbé
Et sa crécelle fait tourner
Quand il le voit très enfoncé,

3688.

Li ladres dit : « Pensez de moi,
Que Dex vos get fors du Mal Pas !
Aidiez a noveler mes dras. »
O sa botele el hanap fiert.

3688.

Le lépreux dit : « À moi pensez,
Pour que Dieu vous sorte d'ici !
Aidez-moi à changer d'habits. »
Sa gourde tape au gobelet ;

3692.

En estrange leu les requiert ;
Mais il le fait par lecherie,
Qant or verra passer s'amie,
Yseut, qui a la crine bloie,

3692.

L'endroit est peu propre à mendier,
Mais il le fait par moquerie,
Et quand viendra passer s'amie,
Yseut la blonde, qui le voit,

3696.

Que ele an ait en son cuer joie.
Mot a grant noise en cel Mal Pas.
Li passeor sollent lor dras,
De luien puet l'um oïr les huz

3696.

Au cœur en aura grande joie.
C'est grand tumulte en ce Mal Pas :
Leurs habits tachent, qui viennent là.
De loin ont entend tous les cris

3700.

De ceus qui solle la paluz.
Cil qui la passe n'est seürs.

3700.

De ceux que la boue a salis !
Nul n'y échappe en y passant.

§ Arrivée du roi Arthur

§ Arrivée du roi Arthur

Atant es vos le roi Artus :
Esgarder vient le passeor,

Arthur arrive maintenant :
Il examine le passage

3704.

O lui de ses barons plusor.
Criement que li marois ne fonde.
Tuit cil de la Table Reonde
Furent venu sor le Mal Pas,

3704.

Avec ceux de son entourage,
Et craignent la boue trop profonde.
Et tous ceux de la Table ronde,
Qui sont arrivés au Mal Pas,

3708.

O escu fres, o chevaus cras,
De lor armes entreseignié.
Tuit sont covert, que mens que pié ;
Maint drap de soie i ot levé.

3708.

Leurs écus neufs, leurs chevaux gras,
Tous différents et armoriés
De pied en cap tous équipés,
Et même dans la soie drapés,

3712.

Bohordant vont devant le gé.
Tristran connoissoit bien le roi
Artus, si l'apela a soi :
« Sire Artus, rois, je sui malades,

3712.

Ils ont jouté devant le gué.
Tristan, qui connaissait le roi
L'a appelé par devers soi :
« Arthur, mon roi, je suis infirme,

3716.

Bociez, meseaus, desfaiz et fades.
Povre est mon pere, n'out ainz terre.
Ça sui venuz l'aumosne querre,
Mot ai oï de toi bien dire,

3716.

Lépreux, tuméfié et difforme
Mon père est pauvre, il est sans terre ;
Aumône recevrai, j'espère :
On dit beaucoup de bien de toi,

3720.

Tu ne me doiz pas escondire.
Tu es vestuz de beaus grisens
De Renebors, si con je pens.
Desoz la toile rencïene

3720.

Ne me repousseras, je crois.
De ton habit la coupe est bonne,
En beau drap gris de Rastisbonne.
Sous la toile qui vient de Reims,

3724.

La toue char est blanche et plaine.
Tes janbes voi de riche paile
Chaucies et o verte maile,
Et les sorchauz d'une escarlate.

3724.

Ta chair blanche n'y est pas mince.
Tes jambes de brocarts couvertes
Avec de jolies mailles vertes
Avec des guêtres d'écarlate.

3728.

Rois Artus, voiz con je me grate ?
J'ai les granz froiz, qui qu'ait les chauz.
Por Deu me donne ces sorchauz. »
Li nobles rois an ot pitié :

3728.

Roi, vois-tu comme je me gratte ?
Même au temps chaud, j'ai toujours froid
Alors tes guêtres, donne-moi. »
Le noble roi en eut pitié :

3732.

Dui damoisel l'ont deschaucié.
Li malades les sorchaux prent,
Otot s'en vet isnelement,
Asis se rest sor la muterne.

3732.

Deux jeunes pages l'ont déchaussé,
Et le lépreux les guêtres prend,
Retourne précipitamment
Pour aller se rasseoir là haut.

3736.

Li ladres nus de ceus n'esperne
Qui devant lui sont trespassé ;
Fins dras en a a grant plenté
Et les sorchauz Artus le roi.

3736.

Il n'épargne aucun des badauds
Qui lui passent toujours devant.
Il a de riches vêtements
Et les guêtres d'Arthur, le roi.

3740.

Tristran s'asist sor le maroi.

3740.

Là où il est, le marais voit.

§ Arrivée du roi Marc

§ Arrivée du roi Marc

Qant il se fu iluec assis,
Li rois Marc, fiers et posteïs,
Chevaucha fort vers le taier.

Quand il s'est de nouveau assis,
Arrive le roi Marc, aussi,
Chevauchant fier vers le bourbier !

3744.

Tristran l'aqueut a essaier
S'il porra rien avoir du suen.
Son flavel sonë a haut suen,
A sa voiz roe crie a paine,

3744.

Tristan alors l'a abordé
Pour savoir ce qu'il obtiendra.
Sa crécelle hoche à bout de bras,
D'une voix rauque, l'a appelé,

3748.

O le nes fait subler l'alaine :
« Por Deu, roi Marc, un poi de bien ! »
S'aumuce trait, si li dit : « Tien,
Frere, met la ja sus ton chief :

3748.

En soufflant très fort par le nez :
« Par Dieu, roi Marc, la charité ! »
Marc alors ôte son bonnet
Et lui dit : « Frère, couvre-toi.

3752.

Maintes foiz t'a li tens fait grief.
— Sire, » fait il, « vostre merci !
Or m'avez vos de froit gari. »
Desoz la chape a mis l'aumuce.

3752.

Souvent tu as souffert du froid.
— Sire, fait-il,  un grand merci
Car vous m'avez du froid guéri. »
Le bonnet met sous son manteau

3756.

Qant qu'il puet la trestorne et muce.
« Dont est tu, ladres ? « » fait li rois.
— « De Carloon, filz d'un Galois.
— Quanz anz a esté fors de gent ?

3756.

En le cachant bien comme il faut.
« D'où viens-tu, lépreux ? dit le roi.
— De Carlion, fils d'un Gallois.
— Depuis quand vis-tu loin de tout ?

3760.

— Sire, trois anz i a, ne ment.
Tant con je fui en saine vie,
Mot avoie cortoise amie.
Por lié ai je ces boces lees ;

3760.

— Sire, depuis trois ans en tout.
Quand je menais normale vie
J'avais une courtoise amie.
Je suis laid c'est à cause d'elle

3764.

Ces tartaries plain dolees
Me fait et nuit et jor soner
Et o la noisë estoner
Toz ceus qui je demant du lor

3764.

Elle me fait tourner crécelle
Le jour et la nuit sans arrêt,
Et de son bruit qui les effraie
Ennuyer ceux dont je quémande,

3768.

Por amor Deu le criator. »
Li rois li dit : « Ne celez mie
Comment ce te donna t'amie.
— Dans rois, ses sires ert meseaus,

3768.

Pour l'amour de Dieu, une offrande. »
Le roi dit : « Ne me cache pas
Comment ton amie fit cela ?
— Lépreux était son mari, Sire

3772.

O lié faisoie mes joiaus,
Cist maus me prist de la comune.
Mais plus bele ne fu que une.
— Qui est ele ? — La bele Yseut :

3772.

Avec elle prenais mon plaisir
Ce mal vint d'être avec elle.
Mais il n'en est qu'une plus belle.
— Qui donc ? Mais c'est Yseut la belle

3776.

Einsi se vest con cele seut. »
Li rois l'entent, riant s'en part.
Li rois Artus de l'autre part,
En est venuz, qui bohordot ;

3776.

Elle est vêtue vraiment comme elle ! »
Le roi, tout en riant, repart.
Arthur arrive d'autre part,
Après avoir fort bien jouté,

3780.

Joios se fist, qui plus ne pout.
Artus enquist de la roïne.
« El vient, » fait Marc, « par la gaudine.
Dan roi, ele vient o Andret :

3780.

Et s'être beaucoup amusé.
Arthur demande où est la reine.
Marc dit : « Par la forêt chemine,
Elle est conduite par Andret,

3784.

De lié conduire s'entremet. »
Dist l'un a l'autre : « Ne sai pas
Comment isse de cest Mal Pas.
Or eston ci, si prenon garde. »

3784.

Qui se plaît à l'accompagner. »
L'un dit à l'autre « Ne sais pas
Comment sortira du “Mal Pas”  !
Restons ici, pour regarder. »