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SOMMAIRE

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Yseut à cheval sur Tristan-lépreux.

§ Les félons dans le bourbier § Arrivée d'Yseut § Yseut sur le dos de Tristan-lépreux § Yseut se moque du “lépreux”

Tristan-lépreux fait s'embourber les “félons”. Yseut arrive enfin près du “Mal Pas”, et demande au “lépreux” de lui servir de monture pour traverser sans se salir... Elle passe ainsi en effet sans encombre, à califourchon sur Tristan. Tristan abandonne son rôle de lépreux, et se prépare pour le combat.

§ Les félons dans le bourbier

§ Les félons dans le bourbier

3788.

Li trois felon (qui mal feu arde !)
Vindrent au gué, si demanderent
Au malade par ont passerent
Cil qui mains furent entaié.

3788.

Les trois félons (qu'ils soient damnés !)
Venant au gué, ont demandé
Au lépreux où étaient passés
Ceux qui s'étaient moins embourbés.

3792.

Tristran a son puiot drecié
Et lor enseigne un grant molanc :
« Vez la cel torbe après cel fanc,
La est li droiz asseneors ;

3792.

Tristan sa béquille a levée,
Leur montrant un endroit for mou :
« La tourbière, là, voyez-vous,
Derrière, le chemin, c'est ça.

3796.

G'i ai veü passer plusors. »
Li felon entrent en la fange.
La ou li ladres lor enseigne,
Fange troverent a mervelle

3796.

J'en ai vu plusieurs passer là. »
Dans le bourbier vont les félons,
Comme leur a dit le larron,
Et ils y trouvent tant de boue

3800.

Desi q'as auves de la selle.
Tuit troi chïent a une flote.
Li malades fu sus la mote,
Si lor cria : « Poigniez a fort,

3800.

Que jusqu'à leur selle y sont tout
Enlisés — et qu'ils s'y débattent.
Et le lépreux, depuis la butte
Leur crie encore : « Piquez des deux

3804.

Se vos estes de tel tai ort.
Alez, segnor ! Par saint apostre,
Si me done chascun du vostre ! »
Li cheval fondent el taier :

3804.

Si la boue vous salit un peu !
Seigneurs, de par le saint Apôtre,
Donnez chacun un peu du vôtre ! »
Les chevaux sont pris au bourbier,

3808.

Cil se prenent a esmaier,
Qar ne trovent rive ne fonz.
Cil qui bohordent sor le mont
Sont acoru isnelement.

3808.

Les félons sont terrorisés,
De ne toucher rive ni fond.
Les chevaliers qui sur le mont
Joutent, s'empressent d'accourir.

3812.

Oiez du ladre com il ment :
« Seignors, » fait il a ces barons,
Tenez vus bien a vos archons.
Mal ait cil fans qui est si mos !

3812.

Mais le lépreux sait bien mentir !
« Seigneurs, dit-il à ces barons ;
Tenez-vous bien sur vos arçons.
Maudit soit ce marais si mou !

3816.

Ostez ces manteaus de vos cox,
Si braçoiez parmié le tai.
Je vos di bien (que très bien sai),
G'i ai hui veü gent passer. »

3816.

Ôtez ces manteaux de vos cous,
Nagez à travers le marais.
Je vous le dis, car je le sais
J'ai vu des gens qui le faisaient. »

3820.

Qui donc veïst henap casser !
Qant li ladres le henap loche,
O la coroie fiert la boche
Et o l'autre des mains flavele.

3820.

Et il tapait son gobelet !
Quand le lépreux si fort l'agite
Sur lui la courroie frappe vite
Et de l'autre main, il crécelle.

§ Arrivée d'Yseut

§ Arrivée d'Yseut

3824.

Atant es vos Yseut la bele
El taier vit ses ainemis,
Sor la mote sist ses amis.
Joie en a grant, rit et envoise,

3824.

Arrive alors Yseut la belle :
Voit embourbés ses ennemis,
Son ami sur la butte assis.
Elle s'amuse et rit très fort,

3828.

A pié decent sor la faloise.
De l'autre part furent li roi
Et li baron qu'il ont o soi,
Qui esgardent ceus du taier

3828.

Met pied à terre sur le bord.
Les rois sont de l'autre côté
De leurs barons accompagnés,
Regardant les trois embourbés

3832.

Torner sor coste et ventrellier.
Et li malades les arguë :
« Seignors, la roïne est venue
Por fere son desresnement,

3832.

À plat-ventre ou sur le côté.
Et le lépreux de les moquer :
« Seigneurs la reine est arrivée,
Pour vous présenter sa défense,

3836.

Alez oïr cel jugement. »
Poi en i a joie n'en ait.
Oiez del ladre, du desfait,
Donoalen met a raison :

3836.

Venez écouter la sentence ! »
Qui ne s'amusent, en est peu ;
Voyez le bancale lépreux,
S'adresser à Donoalain :

3840.

« Pren t'a la main a mon baston,
Tire a deus poinz mot durement. »
Et cil li tent tot maintenant.
Le baston li let li degiez :

3840.

«  Sur mon bâton pose la main
Et tire-le très fortement. »
Il lui a tendu maintenant,
Et aussitôt le laisse aller...

3844.

Ariere chiet, tot est plungiez,
N'en vit on fors le poil rebors.
Et qant il fu du tai trait fors,
Fait li malades : « N'en poi mes.

3844.

L'autre à la renverse est tombé
De l'eau, seuls ses cheveux sortaient.
Quand de la fange fut extrait,
Le lépreux dit : « Je suis à bout

3848.

J'ai endormi jointes et ners,
Les mains gourdes por le mal d'Agre
Les piez enflez por le poacre.
Li maus a empirié ma force,

3848.

Mes os mes nerfs comme dissous ;
Les mains gourdes par le mal d'Agre
Les pieds enflés comme podagre.
La maladie use mes forces,

3852.

Ses sont mi braz com une escorce. »
Dinas estoit o la roïne,
Aperçut soi, de l'uiel li cline.
Bien sout Tristran ert soz la chape,

3852.

Mes bras sont secs comme une écorce. »
Dinas était près de la reine ;
Il a compris, et de l'oeil cligne.
Tristan, pour sûr, est sous la cape,

3856.

Les trois felons vit en la trape ;
Mot li fu bel et mot li plot
De ce qu'il sont lait tripot.
A grant martire et a dolor

3856.

Et les félons sont en la trappe !
Cela l'enchante, il est content
Qu'ils soient embourbés dans l'étang.
À grande peine, avec douleur,

3860.

Sont issu li encuseor
Du taier defors : a certain,
Ja ne seront mais net sanz bain.
Voiant le pueple, se despollent ;

3860.

Sont sortis les calomniateurs
De ce bourbier, et c'est certain
Ils ont vraiment besoin d'un bain.
Leurs habits devant tous ils ôtent,

3864.

Les dras laisent, autres racuellent.
Mais or oiez du franc Dinas,
Qui fu de l'autre part du Pas :
La roïne met a raison.

3864.

Laissent les sales, d'autres mettent.
Mais voici ce que dit Dinas,
Depuis l'autre bord du Mal Pas ;
À la reine, il a dit ces mots :

3868.

« Dame, » fait il, « cel siglaton
Estera ja forment laidiz.
Cil garez est plain de rouiz :
Marriz en sui, forment m'en poise,

3868.

« Dame fait-il, votre manteau,
Sera vraiment très fort souillé
Par cette boue comme rouillée,
Et je serais vraiment fâché

3872.

Se a vos dras point en adoise. »
Yseut rist, qui n'ert pas coarde,
De l'uel li guigne, si l'esgarde.
Le penser sout a la roïne.

3872.

Si vos habits étaient tachés. »
Yseut en rit, n'est pas couarde :
Cligne de l'oeil et le regarde.
Dinas a bien compris la reine.

3876.

Un poi aval, lez une espine,
Torne a un gué, lui et Andrez,
Ou trespasserent auques nez.
De l'autre part fu Yseut sole.

3876.

En bas, près d'un buisson d'épines,
Andret et lui trouvent un gué
Où passer sans trop se tacher.
Yseut sur l'autre bord est seule.

3880.

Devant le gué fu grant la fole
Des deus rois et de lor barnage.
Oiez d'Yseut com el fu sage !
Bien savoit que cil l'esgardoient

3880.

Devant le gué grande est la foule,
Des deux rois et de leurs barons.
Le plan d'Yseut, comme il est bon !
Elle savait que l'observaient

3884.

Qui outre le Mal Pas estoient.

3884.

Tous ceux qui là-bas se trouvaient.

§ Yseut sur le dos de Tristan-lépreux

§ Yseut sur le dos de Tristan-lépreux

Ele est au palefroi venue,
Prent les langues de la sambue,
Ses noua desus les arçons :

Vers son cheval s'est avancée
Les franges de selle a nouées
Aux arçons les a attachées.

3888.

Nus escuiers ne nus garçons
Por le taier mex nes levast
Ne ja mex nes aparellast.
Li lorain boute soz la selle,

3888.

Aucun écuyer ni valet
Pour éviter d'être tachés
N'aurait mieux su les disposer.
Le harnais ôte, et sous la selle

3892.

Le poitral oste Yseut la bele,
Au palefroi oste son frain.
Sa robe tien en une main,
De l'autre la corgie tint.

3892.

Met le harnais, Yseut la Belle,
Ôte le mors au palefroi ;
Sa robe prend entre ses doigts
Et tient son fouet dans l'autre main.

3896.

Au gué o le palefroi vint,
De la corgie l'a feru,
Et il passe outre la palu.
La roïne out mot grant esgart

3896.

Au gué avec le cheval vient
Le frappe d'un coup de fouet
Pour qu'il traverse la marais.
Tous ont la reine regardée,

3900.

De ceus qui sont de l'autre part.
Li roi prisié s'en esbaudirent,
Et tuit li autre qui le virent.
La roïne out de soie dras :

3900.

Ceux qui sont de l'autre côté.
Les rois en furent stupéfaits
Et tous ceux qui là se trouvaient.
La reine était de soie vêtue

3904.

Aporté furent de Baudas,
Forré furent de blanc hermine.
Mantel, bliaut, tot li traïne.
Sor ses espaules sont si crin,

3904.

Qui de Bagdad était venue,
Des vêtements fourrés d'hermine
Manteau, tunique avec sa traîne.
Ses cheveux dans son dos tombaient

3908.

Bendé a ligne sor or fin.
Un cercle d'or out sor son chief,
Qui empare de chief en chief,
Color rosine, fresche et blanche.

3908.

Des noeuds de fils d'or les tenaient.
Un cercle d'or lui entourait
La tête et son visage ornait
Qui était clair, frais et rosé.

3912.

Einsi s'adrece vers la planche :
« Ge vuel avoir a toi afere.
— Roïne franche, debonere,
A toi irai sanz escondire,

3912.

Vers le passage elle est allée :
« C'est à toi que je veux parler !
— Noble reine, très honorée
J'irai vers toi sans hésiter

3916.

Mais je ne sai que tu veus dire.
— Ne vuel mes dras enpalüer :
Asne sera de moi porter
Tot suavet par sus la planche.

3916.

Mais de quoi veux-tu donc parler ?
— Ma robe ne veux pas souiller
Tu seras l'âne à me porter
Sur la planche, tranquillement

3920.

— Avoi ! » fait il, « roïne franche,
Ne me requerez pas tel plet :
Ge sui ladres, boçiez, desfait.
— Cuite, » fait ele, « un poi t'arenge.

3920.

— Ah ! Reine, fait-il, non, vraiment,
Ne demandez telle faveur !
Je suis lépreux, plein de tumeurs...
— Vite, fait-elle, n'attends pas.

3924.

Quides tu que ton mal me prenge ?
N'en aies doute, non fera.
— A ! Dex, » fait il, « ce que sera ?
A li parler point ne m'ennoie. »

3924.

Crois-tu que ton mal me prendra ?
N'en sera rien, tu peux me croire.
— Ah ! Dieu, se dit-il, quelle histoire !
Mais lui parler est fort plaisant... »

3928.

O le puiot sovent s'apoie.
« Diva ! malades, mot est gros !
Ton vis la torne et ça ton dos :
Ge monterai conme vaslet. »

3928.

Il vient béquillant, boitillant.
« Allons, lépreux tu es costaud !
Tourne la tête, offre ton dos :
Comme à cheval, j'y monterai  ! »

3932.

Et lors s'en sorrist li deget.
Torne le dos, et ele monte.
Tuit les gardent, et roi et conte.
Ses cuises tient sor son puiot :

3932.

Et lui, maintenant, souriait :
Il se retourne et elle monte.
Tous les regardent, rois et comtes !
Sur sa béquille il se repose :

3936.

L'un pié sorlieve et l'autre clot,
Sovent fait senblant de choier ;
Grant chiere fai de soi doloir.
Yseut la bele chevaucha,

3936.

Il léve un pied et l'autre pose,
Souvent fait semblant de tomber,
Et se plaint d'être maltraité.
Yseut ainsi le chevaucha

3940.

Janbe deça, janbe dela.
Dist l'un a l'autre : « Or esgardez
............................................. [Note 3942]
Vez la roïne chevauchier

3940.

Jambe de ci, jambe de là.
Les gens se disent : « Regardez
....................................... [Note 3942]
Voyez la reine chevaucher

3944.

Un malade qui seut clochier.
Près qu'il ne chiet de sor la planche.
Son puiot tient desor sa hanche.
Alon encontre cel mesel

3944.

Un lépreux qui semble boiter...
Il pourrait bien rater la planche
Avec sa béquille à la hanche !
Allons voir ce qu'est ce lépreux

3948.

A l'issue de cest gacel. »
La corurent li damoisel
............................................. [Note 3950]
Li rois Artus cele part torne,

3948.

Au bout de ce marais boueux.  »
Les jeunes gens y ont couru.
....................................... [Note 3950]
Le roi Arthur s'y rend aussi,

3952.

Et li autre trestot a orne.
Li ladres ot enclin le vis,
De l'autre part vint el païs.

3952.

Et tous les autres l'ont suivi.
Le lépreux tient tête baissée
Et parvient de l'autre côté.

§ Yseut se moque du “lépreux”

§ Yseut se moque du “lépreux”

Yseut se lait escolorgier.

Yseut alors met pied à terre.

3956.

Li ladres prent a reperier,
Au departir il redemande
La bele Yseut anuit viande.
Artus dist : « Bien l'a deservi.

3956.

Le lépreux retourne en arrière,
Mais avant il a demandé
Pour la soirée de quoi manger.
Arthur a dit : « C'est mérité !

3960.

Ha ! roïne, donez la lui. »
Yseut la bele dist au roi :
« Par cele foi que je vos doi,
Forz truanz est, asez en a,

3960.

Reine, donnez-lui à manger ! »
Yseut la Belle a dit au roi :
« Malgré la foi que je vous dois,
Ce gueux est fort et bien nourri,

3964.

Ne mangera hui ce qu'il a.
Soz sa chape senti sa guige.
Rois, s'aloiere n'apetiche :
Les pains demiés et les entiers

3964.

Il en a assez aujourd'hui.
Sous sa cape j'ai bien tâté,
Sa besace n'a pas vidée :
De pains entiers et de croûtons

3968.

Et les pieces et les quartiers
Ai bien parmié le sac sentu.
Viande a, si est bien vestu.
De vos sorchauz, s'il les veut vendre,

3968.

De rognures, de rogatons,
Son sac est plein, je l'ai senti,
Il peut manger, a des habits.
Il peut aussi vendre vos guêtres

3972.

Puet il cinc soz d'esterlins prendre ;
Et de l'aumuce mon seignor,
Achat bun lit : et convertor,
Ou un asne qui past le tai.

3972.

Et en tirer cinq sous, peut-être.
De mon Seigneur, cette fourrure
Lui vaudra lit et couvertures,
Un âne pour charrier la boue.

3976.

Il est herlot, si que jel sai,
Hui a suï bone pasture.
Trové a gent a sa mesure.
De moi n'en portera qui valle

3976.

C'est un vaurien, un rien du tout,
Il a su trouver sa pâture,
Auprès de gens à sa mesure.
De moi, il n'aura rien qui vaille

3980.

Un sol ferlinc n'une maalle. »
Grant joie en meinent li dui roi.
Amené ont son palefroi,
Montee l'ont. D'iluec tornerent.

3980.

Ni fifrelin, ni une maille. »
Cela amuse les deux rois !
Ils amènent son palefroi,
La hissent dessus — et s'en vont

3984.

Qui ont armes lors bohorderent.
Tristran s'en vet du parlement,
Vient a son mestre, qui l'atent.
Deus chevaus riches de Castele

3984.

Ceux qui sont armés, jouter vont.
Tristan a quitté l'assemblée,
Vers Gouvernal est retourné,
Qui deux beaux chevaux castillans

3988.

Ot amené, o frain, o sele,
Et deus lances et deus escuz.
Mot les out bien desconneüz.
Des chevaliers que vos diroie ?

3988.

Amène, et leur harnachement,
Avec deux lances et deux écus,
Qui ne seront pas reconnus.
Que dirai-je des chevaliers ?

3992.

Une guinple blanche de soie
Out Governal sor son chief mise :
N'en pert que l'uel en nule guise.
Arire s'en torne le pas,

3992.

De soie belle et blanche cachée
Est la tête de Gouvernal ;
Même ses yeux, on les voit mal.
Au pas retourne vers le gué,

3996.

Mot par out bel cheval et cras.
Tristran rot le Bel Joeor :
Ne puet on pas trover mellor.
Cote, sele, destrier et targe

3996.

Sur un cheval bien engraissé.
Tristan, lui, montait Beau Joueur :
On n'en trouve pas de meilleur.
Cotte, selle, et le destrier,

4000.

Out couvert d'une noire sarge,
Son vis out covert d'un noir voil,
Tot ot covert et chief et poil.
A sa lance ot l'enseigne mise

4000.

Le bouclier, de noir voilés
Et son visage aussi, comme eux,
De serge noire, tête et cheveux
À sa lance, il avait fixé

4004.

Que la bele li ot tramise.

4004.

Le ruban par Yseut donné.

NOTES

mal d'Agre Le manuscrit comporte ici “dagr” avec un “e” suscrit, et le mot peut donc être lu comme “dagre” (d'agre), et non “d'acre” ! Sauf à considérer qu'il s'agit d'une graphie particulière pour « acre »... Ce mot a été lu ainsi dès l'édition d'E. Muret/Defourques (Champion 1972), où l'on y a vu (en note, p. 153) une « allusion à l'épidémie qui sévit parmi les croisés durant le siège d'Acre en 1190-1191. » Il s'en est suivi une discussion sur la datation du texte de Béroul... Et cette lecture discutable a sans cesse été reprise par la suite. Philipppe Walter, (Livre de Poche), accepte aussi cette lecture mais considère que c'est une erreur de faire porter la date d'un texte sur un seul indice. Mais de toutes façons, si « agre » pouvait être considéré comme une graphie de « acre », je pense pour ma part que le texte peut fort bien avoir été composé auparavant et ensuite “mis au goût du jour” à l'époque de la croisade, par l'un des jongleurs qui l'a utilisé.

Note 3942 Les éditeurs ont généralement considéré qu'il manquait ici un vers. La rime boîteuse peut en effet en être le témoin. Mais le manuscrit ne montre ici aucune altération : il peut s'agir d'une faute d'inattention du copiste.

Note 3950 Comme pour le vers 3942, on a généralement considéré (à cause de la rime) qu'il pouvait manquer ici un vers. Mais le manuscrit n'offre, là non plus, rien de particulier.