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vendredi 21 juin 1940

Nous pensons repartir vers 9 h. Mais la Peugeot ne veut pas démarrer.
Un voisin, automobiliste complaisant nous aide. Elle démarre, puis s'arrête. On démonte les bougies, le carburateur. Pendant ce temps, les cyclistes, partis devant nous, sont retourné voir ce qu'il y a... L'auto redémarre, mais cela ne va pas bien, jene peux guère accélérer et le moteur cogne. Un ou deux km. Arrêt.
On vérifie les bougies ; on réussit à repartir, on va jusqu'au pays voisin parce que cela descend, mais le moteur cogne toujours, sitôt à plat, la voiture s'arrête.

Nous sommes à la sortie de Cérilly. Nous mangeons et Raymond décide d'aller voir en vélo à Vulaines s'il y a un garagiste. Rien qu'un bourrelier, qui paraît-il s'y connaît un peu. Mais il faut amener l'auto.

Nous guettons des voitures pour nous remorquer. Nous n'en trouvons pas. L'orage menace. Nous nous réfugions dans une ferme où nous couchons.
Hasard heureux : des cultivateurs émigrés y viennent aussi, nous causons, ce sont des habitants de Villers-aux-Noeuds (famille Trichet) qui connaissent Maurice ils veulent bien nous remorquer jusqu'à Vulaines. Coucher dans un tas de paille ; le fermier offre deux lits de commis pour les enfants, nous y couchons tout habillés ; il pleut à verse.

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Le trajet le plus court - et pour cause...

NOTES

Villers-aux-Noeuds : Un village de la région proche de Reims, entre Reims et Épernay.

Maurice : Mon père, alors “sous les drapeaux”.