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2e Testament - 1916

avril-georges-payen
Georges payen en 1916.

[note de l'éditeur : les passages soulignés dans le manuscrits sont rendus ici en gras.]

Saint Aubin du Cormier (Ile et Vilaine)
le six janvier dix-neuf cent seize

Testament
particulier relatif à mes funérailles.

Je soussigné, Payen Georges, né le 16 décembre 1878 à Ivry sur Seine (Seine), instituteur à Lenharrée (Marne), sergent territorial à la 29e compagnie du 106e régiment d'infanterie, en garnison à Saint Aubin du Cormier, déclare régler et arrêter de la façon suivante les conditions de mes funérailles, vu la loi du 15 novembre 1887.

Mon cadavre sera enterré dans la commune, le cimetière et la place qui seront choisis par mon épouse Aline. J'entends que mes obsèques aient lieu sans le concours d'aucun prêtre, ni d'aucun membre notable ou militant d'une association religieuse. Pour l'ornement du cercueil et la décoration des lieux mortuaires, je préfère les plantes naturelles, même les plus sauvages. Je désire que chaque assistant porte à la main, à la boutonnière ou au corsage un bouquet, une branchette, une fleur de n'importe quelle couleur, cultivée ou sauvage, rare ou commune, naturelle ou artificielle.

Pour les discours, au lieu des banalités ordinaires, on parlera quelques minutes de ma famille, de mes études, de ma vie professionnelle, de mon caractère, et des circonstances de ma mort. Ce discours pourra être fait à la maison, à la gare, au cimetière ou ailleurs. J'autorise une personne amie ou proche parente, à condition qu'elle ne soit pas prêtre ou religieuse et qu'elle parle à haute voix en français, à dire ou lire des passages religieux, pendant mes funérailles. Dans la fosse, chaque assistant jettera sa fleur en faisant le geste ou le signe qui lui plaira.

Comme inscription funéraire, je choisi les mots : Liberté, égalité, fraternité - Georges Payen, intituteur ; né en 1878, mort en 19.. -
Si vous cherchez des dessins, prenez des livres, des étoiles, des feuilles et des fleurs. En place d'une pierre horizontale, plantez des bordures et des arbustes. N'achetez pas de concession à perpétuité.

En cas que je sois tué à la guerre, que je meure loin de mon domicile ou qu'une impossibilité matérielle s'oppose à une volonté, /à une préférence/ à un [des] désirs susdits, je désigne les personnes suivantes pour juger toute contestation, pour décider toute modification, simplification, addition ou suppression, en tenant compte le plus possible de la lettre et de l'esprit du présent testament. D'abord mon épouse Aline, puis en cas d'indifférence, de prédécès ou d'absence, un ami, un camarade, un collègue ou un témoin, le plus près possible originaire des communes de Lenharrée, Conflans-sur-Seine, et Saint-Just (Marne). Un parent serait préférable.

Fait à Saint-Aubin-du-Cormier, (Ille-et-Vilaine), le six janvier dix-neuf cent seize.

[signature] G. Payen

Le testament original sur papier timbré a été envoyé à ma femme le six janvier 1916, par la poste.
[signature] G. Payen

Station agronomique de Noizy-le-Roi (Seine-et-Oise)
le quatorze septembre dix-neuf cent dix sept, je confirme le précédent testament des funérailles.
sergent G. Payen
8e compagnie du 410e régiment d'infanterie