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dimanche 16 juin 1940.

Nous sommes fatigués et ne partons pas très tôt : advienne que pourra !
Pépère a perdu son couteau. Nous avons du mal à trouver notre route. Au hameau voisin, nous achetons du lait (femme à barbe !) Les gens voudraient bien ne pas partir, mais enfin !...
En cours de route, bombardement et mitraille au loin, en direction de Clamecy. Comme notre route est peu fréquentée nous ne craignons pas trop qu'ils viennent par ici. Puis nous tenons conseil : nous sommes dans la Nièvre ; continuons-nous vers St Saulge comme nous avions pensé, ou obliquons-nous vers la Loire comme des soldats nous l'ont conseillé ? Consultons les cartes : à vrai dire, la Loire n'est pas très loin, nous décidons de nous diriger par là, peut-être pourrons-nous la traverser ; à Pouilly-sur-Loire, Odette pense retrouver la famille Pecker.

Encore des bombardements au loin, nous nous hâtons de nous éloigner par une petite route ; nous nous arrêtons pour manger à la Chapelle St André. Nous apprenons qu'on distribue de l'essence : Raymond et moi faisons la queue pendant 1 h 1/2 : nous en avons chacun 5l.
Nous mangeons en vitesse, mais voilà la pluie ; nous attendons un peu pour les cyclistes. Accalmie  : nous allons repartir, mais on entend un bruit de motos... Des side-cars : ce sont EUX !
Inutile d'aller plus loin, il faut rester là ; heureusement, aucun incident !
Des voisins offrent un abri, c'est, je crois une ancienne salle de danse : un vrai dortoir, où nous sommes au moins 30 à 40 personnes. Allons-nous être prisonniers là ? Tout le monde est soucieux. Nous mettons un peu de paille sur le plancher, il n'y en a pas épais, toute la nuit on sent les planches... et les puces !

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Le point extrême de ce voyage  !

NOTES

famille Pecker : Des gens de Fère-Champenoise.