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mercredi 19 juin 1940

Quelques Allemands sont dans la cour ; on discute essence, nous réussissons à en avoir 15 litres !
Janine a la joue enflée.

Nous passons à Toucy : sérieux dégâts du bombardement de samedi : des ruines encore fumantes. Il nous faut suivre la grande route, ce n'est pas intéressant : convois allemands à toute allure, ils nous font signe de nous mettre à droite, je suis obligée d'arrêter la “Peugeot” deux fois derrière des convois d'émigrés qui se sont arrêtés sur le côté, car de place en place on voit des autos culbutées dans les fossés et on nous dit que ce sont ceux qui ne se sont pas assez garés pour les tanks : ça fait un peu froid dans le dos !

Des côtes, de la poussière. Nous arrivons dans un fond : spectacle affreux ! autos défoncées, voitures brisées, linge, vêtements éparpillés, chevaux morts... Tout cela a été mitraillé le même jour sans doute que ke bombardement ; que de pauvres gens ont tout perdu, et peut-être sont morts ! Nous attendons les cyclistes à un carrefour : personne ne veut plus continuer sur cette route, et nous changeons d'itinéraire.

Nous arrêtons pour manger : les gens du pays viennent de rentrer, tout est pillé. L'un a encore un peu de vin et nous en vend. Il paraît que le matin les Allemands ont dit que la guerre n'était pas finie, c'est décourageant !
Toujours des côtes, les cyclistes sont fatigués, nous ne traverserons pas l'Yonne ce soir.

Nous couchons à Charmoy ; bonne soupe au lait. Il faut une échelle pour se coucher c'est un tas de paille de 5 m de haut.

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