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IV — Nil

La cange ou la felouque sont peut-être les mêmes
Mais le Nil n'est plus rien qu'un fleuve ensommeillé
Engourdi, assisté, un vieillard si tranquille
Se promenant encore en un jardin gardé.

Où sont tes crues, tes colères, couleuvre
Docilement lovée - où sont tes crocodiles ?
Je les ai vus momies ; le fleuve est-il aussi
Embaumé maintenant pour un dernier détour ?

Cataractes noyées berges redessinées
Mais le soleil est toujours là, bien rond
Sur ta tête, déesse, et la crue immobile
Attend, comme un ibis, de déployer ses ailes.