prev

SOMMAIRE

prev

VII — Karnak

Les menhirs sont ici des béliers alignés :
Le soleil est si dur qu'il fait bronzer les pierres.
Les tiges des piliers ont encore leurs corolles
Et si le vent soufflait, elles s'inclineraient.

Le silence lui-même a séché au soleil
Il est comme la gangue, l'écrin de ces dessins
Où la geste se lit en termes éternels
Attitudes visages et nul besoin de langue.

Pour écrire l'on creuse :
Plus profond le sillon
Plus sûre l'inscription.

Car les faussaires sont légion.
Et les touristes, et les marchands,
Imbéciles de tous les temps
Ici même ont osé venir gratter leurs noms

Et jusque sur le mien, — moi, Pharaon !